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Le cyclocross, un vrai parcours d'obstacles !

Contrairement à leurs collègues du peloton sur route, qui profitent la plupart du temps de longs rubans asphaltés et bien dégagés, les adeptes du cyclocross affrontent chaque semaine des parcours semés d'embûches.

Le cyclocross, un vrai parcours d'obstacles ! © photonews


Il faut dire que les organisateurs de cross prennent un malin plaisir à transformer leurs circuits en parcours d'obstacles: escaliers, talus, fossés, ponts artificiels, poutres, sable, boue, rivières, les stars de la discipline avalent toutes ces difficultés en vrai professionnels du chausse-trappe, assis sur leur machine ou le vélo sur l'épaule.


Entre tradition et innovation

Entre tradition et innovation © BELGA


Pendant longtemps, les organisateurs de cross se sont contentés d'exploiter les reliefs du terrain local. Montées, descentes, sentiers escarpés dans les forêts, prairies boueuses, sable, dunes, virages serrés, passages en dévers... étaient alors les ingrédients traditionnels incontournables des courses dans les labourés. Puis est venu le temps de l'innovation avec la construction d'obstacles artificiels : ponts, escaliers, planches, poutres, virages relevés... tout était bon pour corser la difficulté!


Un obstacle, c'est quoi?

Un obstacle, c'est quoi? © photonews


Le règlement  de l'UCI précise qu'un parcours de cyclocross peut comporter six obstacles artificiels au maximum, une section de plusieurs poutres étant considérée comme un de ces obstacles. Pour le reste, la définition d'un obstacle en cyclocross est très vague : "On entend par obstacle toute portion de parcours où les coureurs sont sensés (mais pas obligés) descendre de leur bicyclette." Autant dire que ça peut être n'importe quoi : une butte, des escaliers, un tronc d'arbre, un fossé, … à la libre imagination des organisateurs et … avec l'approbation des arbitres !


Les planches (ou poutres)

Les planches (ou poutres) © BELGA


Pourquoi les planches sont-elles un obstacle aussi récurrent sur les circuits, au point d'être aujourd’hui devenues indissociables du cyclocross ?
 
Dans les années '80 le cyclocross se transforme. Les circuits sont devenus trop rapides, jusqu'à ressembler à des courses sur route. Les planches deviennent alors une solution indispensable pour respecter l'esprit du cyclocross, où le cycliste doit alterner course à pied et pédalage.
 
Mais pourquoi perdre du temps à descendre de sa machine quand on peut franchir les planches sur son vélo? C'est le Belge Danny De Bie qui semble avoir été le premier coureur pro à franchir les planches en restant en selle. A l'époque, il posait la roue avant sur la poutre avant de faire sauter la roue arrière par dessus d'un petit coup de rein. La légende retiendra qu'il a même remporté son seul titre de Champion du Monde à Pont-Château, en 1989, grâce à cette innovation.
 
Vidéo :
Danny De Bie à l’oeuvre, des images inoubliables de 1989...



Plus tard, c'est à Diegem, il y a 20 ans, que Sven Nys surprenait tous ses adversaires en inventant une nouvelle façon de franchir cet obstacle.
 
Le " Bunny-Hop " ("saut du lapin"), technique spécifique au cyclo-cross permet de "jumper" au-dessus de l'obstacle sans le toucher. A l'approche de la planche, on bascule le corps d'avant en arrière en tirant sur le guidon afin de lever la roue avant, puis on tire  sur les pédales automatique pour soulever la roue arrière. Une technique indispensable pour espérer faire partie des meilleurs mondiaux.
 
Aujourd'hui, certains pros franchissent toujours les planches à pied et pour ceux qui restent en selle, c'est souvent un endroit idéal pour placer une accélération.
 
 
Vidéo :
Tom Meeusen vous explique comment franchir les planches...


Les escaliers et les talus

Les escaliers et les talus © BELGA


Autre obstacle typique des parcours de cross modernes, les escaliers, que personne n'a encore trouvé le moyen de gravir à vélo. Escaliers artificiels ou marches taillées par les pas de coureurs dans un talus particulièrement raide, ils obligent tout le monde a descendre de machine pour une petite séance de cardio supplémentaire.


Le sable

Le sable © photonews


Même si certains circuits offrent des passages sablonneux naturels (la plage d'Ostende, les dunes de Coxyde, la plage du lac au Zilvermeer), les fameux 'bacs de sable' sont généralement artificiellement crées par les organisateurs. Pas facile de rester debout dans cette surface meuble, au milieu des profonds sillons laissées par les autres coureurs. L'UCI a également dû imposer une norme pour les bacs à sable artificiels (qui doivent être plats, mesurer entre 40 et 80 mètres) pour ne pas trop avantager les spécialistes.
 
Le célèbre « Kuil » de Zonhoven, est sans doute le passage dans le sable les plus connu du monde. Chaque année, il attire  des milliers de fans qui se rendent en pélèrinage dans cette véritable Mecque du cyclocross.

Mais sans Erwin Vervecken et Tom Meeusen, cette attraction n’existerait pas. En 2008, au lendemain du cross de Zonhoven, les deux coureurs l'avaient découverte au cours d'une sortie à vélo organisée pour les employés de Fidea.

"Les organisateurs pensaient que nous trouverions cela trop dangereux et n'avaient pas retenu le Kuil dans leur parcours," se souvient Erwin Vervecken. "Nous, nous pensions qu'il fallait l'ajouter au circuit." Lors de la première édition avec le "Kuil" au programme, la plupart des participants avaient peur de plonger dans cette fosse de sable, mais très vite, le Kuil est devenu mythique.

"Chaque fois que je vois une photo de cross à l'étranger, c'est presque toujours une photo du Kuil. Et les places dans la tente VIP, installée en bordure Kuil, se vendent plus vite que n'importe où ailleurs."



Cours d’équilibre dans le sable par Wout van Aert et Tim Merlier (Loutraki, Grèce, janvier 2018)...

Les virages

Les virages © BELGA


Virages masqués, virages piégeux, virages relevés, virages serrés en rasant les arbres, virages en montée ou en descente,... en cyclocross la science du pilotage et la dextérité sont des qualités indispensables pour se faufiler dans les boucles du tracé. Certains ont même inventé des techniques très personnelles pour les virages à angle droit...


Les ponts

Les ponts © photonews


Sur les circuits modernes, le tracé est souvent agrémenté d'un ou plusieurs pont(s), construit(s) au-dessus d'une autre section du parcours. En forme de V inversé, ils permettent souvent d'assister à des "jumps" très spectaculaires... Cas particulier dans l’histoire des ponts, celui d’Ostende, construit pour relier l’hippodrome et la plage de la ville. Cet ouvrage qui enjambe la  large avenue où passe le célèbre tram de la Côte, en passant au-dessus des câbles du tram est large de 6 mètres pour 129 mètres de long et une pente à 21%. Construit en janvier 2017 pour les Championnats de Belgique, il sera ré-utilisé en 2021 pour les Mondiaux qui se dérouleront sur la Reine des Plages.


Les rivières et les fossés

Les rivières et les fossés © BELGA


Autres obstacles moins courants mais bien réels : les petites rivières ou les fossés. A Neerpelt, les coureurs franchissent un petit ruisseau qui serpente entre des troncs d'arbre. Les fossés, raides et profonds donnent parfois lieu à des mauvaises chutes comme celle de Mathieu van der Poel à Lokeren, qui s'était retrouvé à l'hôpital, heureusement sans trop de gravité.


Les passages en dévers

Les passages en dévers © BELGA


De nombreux parcours, dont celui de la Citadelle de Namur, proposent aussi un passage en dévers, où les coureurs traversent la pente en oblique, un secteur où, avec la boue ou la glace en invités-surprise, il faut pouvoir combiner puissance équilibre et prise de risque pour faire la différence.
 
Eli Iserbyt a filmé ce passage impressionnant sur le parcours verglacé des Championnats du Monde à Bieles, au Luxembourg, en janvier 2018 :


La boue

La boue © BELGA


La grande majorité des épreuves de cyclocross de premier plan se déroulant en Belgique et aux Pays-Bas, il faut aussi compter avec les caprices de la météo. Les parcours sont souvent copieusement arrosés par la pluie et transformés en bacs de boue. Et les coureurs se transforment alors en statue de terre, crottés de la pointe de la selle jusqu'au bout du nez.
 
Vidéo :
Un championnat de Belgique mythique dans la boue, en 2007...


La neige

La neige © photonews


La saison de cyclocross se déroulant d'octobre à février et plutôt dans les pays du Nord, il n'est pas rare que les coureurs doivent affronter un froid glacial, de la neige et du verglas.


Le vent

Le vent © photonews


Autre paramètre traditionnel du cross au Nord de l'Europe, le vent. Comme en cyclisme sur route, il joue un rôle fondamental, épuisant le peloton, soufflant dans le nez des échappés ou brisant les initiatives des plus audacieux. Il arrive même parfois, pour les courses se déroulant à la Côte belge (Middelkerke, Ostende, Coxyde,...) que la tempête fasse rage. En 2016, les organisateurs ont dû annuler le cross de Coxyde à cause de vents dépassant les 120 km/h...


La nuit

La nuit © BELGA


Comme si tout cela ne suffisait pas, certains cross ont lieu en soirée, dans l'obscurité de la nuit hivernale. Diegem et Woerden (Pays-Bas) sont deux cross bien connus courus en nocturne. Une ambiance très particulière et des difficultés supplémentaires pour les coureurs en perte de repères sur un parcours éclairé artificiellement.


Les pavés

Les pavés © photonews


Bien entendu, le parcours peut aussi intégrer des sections pavées, comme au Koppenbergcross.


Les pneus

Les pneus © photonews


Certains organisateurs ont déployé des trésors d'imagination pour inventer de nouveaux obstacles afin d'agrémenter leurs parcours. C'est ce qu'a fait Erwin Vervecken sur le Flandriencross de Hamme avec son idée de pneus.


Le carrousel de Niel

Le carrousel de Niel © photonews


Autre idée folle inventée par les concepteurs de circuit de cross en novembre 2016, le carrousel du Jaarmarktcross de Niel, une innovation inédite dans la discipline. Imaginez un labyrinthe en forme de spirale où les coureurs circulent de l'extérieur du cercle vers l'intérieur avant d'en ressortir en sens inverse. Vous obtenez un carrousel dément où les crossmen vont se croiser et se recroiser, parfois à contresens, dans une sarabande à donner le tournis au peloton mais très spectaculaire pour les spectateurs. "Il faut rester concentré en permanence sur sa propre trajectoire. Si tu lèves les yeux pour regarder autour de toi, tu deviens complètement fou", expliquait Tom Meeusen lors de la création de cette attraction, depuis supprimée.


Qui dit obstacle dit aussi chute…

Qui dit obstacle dit aussi chute… © photonews


Et pour terminer, on s'offre 4 minutes de détente avec quelques gamelles qui font partie intégrante de ce sport...


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