Hiver glacial en vue

L'été n'est pas encore terminé que les prévisions alarmistes sur le prochain hiver nous arrivent déjà. Une étude américaine annonce en effet un hiver particulièrement froid en raison d’une fonte des glaces record au niveau de l'Arctique. L'énorme quantité de glace fondue cet été n'annonce en effet rien de bon pour l'hiver en Europe et aux États-Unis. En 2011 et 2007, l'été avait aussi provoqué une importante réduction de la calotte glacière et les hivers qui avaient suivis avaient été très froids.

Influence aux États-Unis et en Europe

La quantité record de glace polaire fondue renforce l'hypothèse d'un hiver très rigoureux. Telle est la conclusion de Jennifer Francis, spécialiste des sciences atmosphériques à l'Université Rutgers, aux États-Unis. Cet été, un morceau de banquise aussi grand que l'Alaska et le Canada réunis a disparu. Un phénomène qui aura un impact sur le reste du monde, affirme-t-elle, parce que la fonte des glaces polaires, provoquée par le réchauffement climatique, a aussi une influence sur les prévisions météorologiques aux États-Unis et en Europe. "Le réchauffement de l'Arctique et la fonte des glaces rendra probablement l'hiver extrêmement froid en Europe."

Libération de chaleur

L'eau de mer autour du Pôle Nord a pu absorber pendant tout l'été la chaleur du soleil. Cette chaleur est ensuite libérée dans l'atmosphère lorsque la glace se reforme en automne. L'énergie ainsi produite influence les courants marins et les vents qui circulent entre le Pôle Nord et les terres de l'Europe continentale, plus chaudes.

Jet-stream

Le surplus de chaleur et la vapeur d'eau créés par la fonte des glaces sont libérés dans l'atmosphère et perturbent le jet-stream, un puissant vent de haute altitude qui circule d'ouest en est, 10 000 mètres au-dessus de la surface du globe et qui marque la frontière entre les zones polaires et les zones plus tempérées. En raison du réchauffement de la planète, le jet-stream est ralenti et son trajet est modifié. Conséquence : les systèmes météorologiques durent plus longtemps et les hivers prolongés sont ainsi plus fréquents. L'hiver très froid de 2009-2010 en Europe avait également été relié à la fonte des glaces dans l'Arctique.

Blocage météo

Les chercheurs comme Jennifer Francis refusent de faire de vraies prévisions météorologiques mais ils envisagent sérieusement la possibilité d'un hiver extrêmement froid. Des études antérieures ont démontré que le jet-stream s'était déplacé vers le nord. Francis a découvert récemment que le courant était aussi devenu plus lent. "Son débit est nettement plus faible", explique-t-elle. "Résultat : les systèmes météorologiques se déplacent plus lentement et s'attardent plus longtemps. Cela peut se traduire par un blocage météo." Un exemple de ce phénomène est la vague de chaleur terrible qu'a connu la Russie à l'été 2010. "

Fichier

Selon Francis, un blocage météo fonctionne comme un embouteillage qui immobilise des schémas météo sur d'autres parties du monde. Selon le chercheur et océanographe James Overland, de l'Université de Washington, les bouleversements dans le rythme des saisons s'annoncent plus rapides que prévu. Il s'attend à ce que la fonte des glaces ralentisse le Gulf Stream et provoque à l'avenir plus fréquemment des phénomènes météorologiques extrêmes.

Scepticisme

Le météorologue David Dehenauw se montre assez sceptique à la lecture de ces mauvaises nouvelles. Il reconnaît l'existence de la fonte des glaces mais refuse de croire que cela entraînera automatiquement un hiver très froid. "Personne ne peut prédire où se trouveront les zones de haute et basse pression. Et si le jet-stream s'installe au-dessus d'une partie de l'Europe, on peut tout aussi bien avoir une longue période de beau temps.