Les survivants du double attentat à la bombe perpétré à Bali en 2002, qui avait fait 202 morts, s'insurgent contre un projet immobilier de quatre étages qui doit voir le jour sur le site de la catastrophe, rapportent les médias locaux et australiens, jeudi.


Les rescapés militent depuis plusieurs années pour une zone de paix à l'endroit où une voiture piégée avait explosé devant la discothèque Sari Club sur l'île indonésienne. Ils veulent ériger un monument à la mémoire des personnes ayant perdu la vie.
Mais la chaîne nationale australienne ABC a révélé jeudi qu'un permis de construire a été délivré par les autorités locales. Les commerçants qui utilisaient l'emplacement comme lieu de stationnement ont été priés de quitter les lieux pour que des travaux puissent débuter le 9 mai.
Un rescapé australien, Gary Nash, craint de voir se développer une boîte de nuit de quatre étages, avec un mémorial au cinquième.
"C'est une insulte à tout le monde (...) ce terrain devrait être sacrée, il devrait être gardé vide", a-t-il déclaré à ABC.
L'association Bali Peace Park affirme avoir rencontré une puissante résistance du propriétaire du terrain, qu'elle dit ne pas être parvenue à rencontrer. Une pancarte sur les lieux décrit le projet immobilier comme un "restaurant et monument" sans davantage de détails.
Le site plus petit de Paddy (du nom d'un pub où un kamikaze s'était fait exploser) a, lui, été transformé en mémorial pour les 202 victimes, dont 88 Australiens, 38 Indonésiens, 23 Britanniques, sept Américains, six Allemands, cinq Suédois, quatre Néerlandais, quatre Français, trois Danois, trois Suisses et 21 personnes d'autres nationalités.