Les bulletins de vote soumis aux Australiens samedi comportent une longue liste de candidats de partis alternatifs aux formations traditionnelles, de tous bords et aux revendications diverses. Certains s'inspirent de mouvements nés en Europe, comme ceux des Gilets jaunes et du parti Pirate, ou aux Etats-Unis avec le slogan "Make Australia Great".


La campagne électorale en Australie s'est surtout jouée entre la coalition de centre droit (Liberal Party et The Nationals) et les travaillistes du Labor Party. Outre ces partis traditionnels, des formations diverses présentent des candidats aux élections, dans tout le spectre politique avec des alternatives écologiste, sociale, conservatrice et d'extrême droite.
La liste de partis soumise aux électeurs est donc longue, avec près d'une cinquantaine de formations politiques. Parmi celles-ci, le parti Pirate, le parti de la Science (Science Party), celui de la légalisation du cannabis (Help End Marijuana Prohibition (HEMP) Party).
Certains partis militent pour les femmes (The Women's Party), un logement accessible (Affordable Housing Party), la justice animale (Animal Justice Party), l'action climatique (Climate Action! Immigration Action! Accountable Politicians! ), la santé mentale (The Australian Mental Health Party) ou encore les droits des seniors (Seniors United Party of Australia).
Des sujets controversés sont aussi au coeur du programme de certains partis comme la vaccination (Involuntary Medication Objectors (Vaccination/Fluoride) Party), l'avortement (Christian Democratic party), l'accès aux armes à feu (Shooters, Fishers and Farmers) et des revendications populistes et nationalistes ("garder l'Australie australienne", Rise Up Australia Party entre autres).
Ces dernières sont populaires auprès des électeurs déçus des figures traditionnelles, dans le sillage de la tendance observée dans d'autres démocraties occidentales. Le parti anti-immigration et anti-islam de Pauline Hanson "One Nation", bien ancré au Queensland, a cherché à obtenir des financements du lobby américain des armes. Le milliardaire Clive Palmer, fondateur du United Australia Party, a inondé les réseaux sociaux et espaces publicitaires du message "Make Australia Great" inspiré des slogans du président américain Donald Trump. Le parti des Gilets jaunes (Yellow Vest Australia), mouvement très à droite, auparavant baptisé Australian Liberty Alliance, cherche à tirer profit d'une récupération de la mouvance partie de France et revendique des "valeurs occidentales fondées sur un socle judéo-chrétien".
Les Australiens doivent élire samedi leurs 151 représentants à la chambre basse et renouveler la moitié des 76 sièges au Sénat, selon un système de vote par préférence, inspiré du modèle britannique.
Voter est obligatoire en Australie, mais ce devoir citoyen ne suscite guère de passion parmi les 16 millions d'électeurs, qui y voient surtout l'occasion de partager un traditionnel pain-saucisse servi à la sortie de l'isoloir. La tradition dispose désormais même de son propre émoticône, accolée au hashtag #auspol sur les réseaux sociaux.