L'opposition nicaraguayenne fait monter la pression sur le président Daniel Ortega en organisant jeudi une grève générale accompagnée d'une manifesation, le gouvernement préparant en riposte une marche en mémoire de la révolution sandiniste à Masaya, la ville la plus rebelle du pays.

Masaya "est assiégée par une force de plus de 1.000 paramilitaires, des policiers et des armes lourdes", a rapporté le chef de l'Association nicaraguayenne des droits de l'homme (ANPDH) de Masaya, Danilo Martinez.
La présence des forces de l'ordre aux portes de la ville fait craindre de violents raids de leur part avant les célébrations du gouvernement, à l'occasion desquelles Daniel Ortega défile chaque année, en tête du cortège, en souvenir de la révolution de 1979.
A Masaya la contestation est particulièrement intense dans le quartier de Monimbó, au sud de la ville, où les barricades sont toujours debout, malgré le renforcement de "l'opération nettoyage", ordonnée par le gouvernement ces dernières semaines.
Depuis le 18 avril, les manifestants anti-gouvernementaux exigent le départ de Daniel Ortega, au pouvoir depuis 11 ans, accusé d'instaurer une dictature au Nicaragua avec sa femme, Rosario Murillo, la vice-présidente.
La situation au Nicaragua est critique, a estimé mercredi la Commission interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH), devant le conseil permanent de l'Organisation des Etats américains (OEA) à Washington, chiffrant à 264 le nombre de morts causés par la vague de violence des trois mois de protestation.
Le ministre des Affaires étrangères nicaraguayen, Denis Moncada, a estimé que le rapport de la CIDH faisait preuve de "préjugé et manquait d'objectivité". "On ne peut pas confondre un mouvement de protestation pacifique et des actes terroristes", a-t-il estimé.
Très influente au Nicaragua, l'Eglise catholique joue le rôle de médiatrice entre le gouvernement et l'opposition, mais sans succès.
Le week-end dernier, 14 personnes sont mortes et plusieurs prêtres ont été pris pour cibles, à la suite de violents raids des forces de l'ordre dans les villes de Diriamba et Jinotepe, dans le sud-ouest du pays.