Les citoyens de Lettonie, de Malte et de Slovaquie se rendent à leur tour aux urnes ce samedi dans le cadre des élections appelées à renouveler les membres du Parlement européen. Ces élections, qui auront lieu demain en Belgique en même temps que les législatives fédérales et régionales, seront bouclées dimanche soir à travers toute l'Europe des 28, mais certains pays votaient déjà jeudi, vendredi et samedi. Pour les Tchèques, le scrutin européen a débuté vendredi et se poursuit samedi.


Pour tout le monde, les résultats officiels ne seront publiés que dimanche soir. Sur les 751 eurodéputés, un nombre qui devrait être ramené à 705 après le départ effectif du Royaume-Uni, la population de Malte doit en choisir 6, celle de Lettonie 8 et celle de Slovaquie 14, un de plus par rapport au pré-Brexit. En comparaison, la Belgique élit 21 eurodéputés.

Particularité de Malte dans le paysage européen: on peut y voter dès l'âge de 16 ans, alors que la très large majorité des Etats membres établit l'âge minimum à 18 ans. Mais ni à Malte, ni en Lettonie, ni en Slovaquie, le vote n'est obligatoire.

C'est la Slovaquie qui avait, en 2014 lors des précédentes élections européennes, affiché le plus haut taux d'abstention de toute l'Europe: 87%.

En Slovaquie, au moins un député d'extrême droite devrait parvenir à se frayer un chemin jusqu'au Parlement européen, analysent les observateurs. Il pourrait provenir du LSNS, le "Parti populaire-Notre Slovaquie", qui a mené campagne contre l'immigration, les musulmans, les étrangers, semant la crainte d'une disparition des valeurs traditionnelles chrétiennes. Son leader Marian Kotleba mène campagne avec conviction et sans se préoccuper de la véracité de ses arguments, et l'abstention pourrait jouer en faveur de son parti d'extrême-droite, qualifié par les médias locaux et européens de néonazi ou néofasciste. L'uniforme que l'homme politique, dont un précédent mouvement avait été dissout par la Cour suprême, arbore parfois, renforce encore les références à ces pages sombres de l'histoire européenne.

A la mi-mai, l'hebdomadaire Tyzden, relayé par le Courrier international, indiquait que, selon les derniers sondages, le LSNS rassemble près de 14 % d'intentions de vote.

En République tchèque, seul pays où le scrutin est étalé sur deux jours, les bureaux de vote ont rouvert samedi à 08H00. Le mouvement populiste ANO du Premier ministre tchèque, le milliardaire Andrej Babis, part favori malgré une vague de protestations antigouvernementales. Inculpé pour fraude présumée aux subventions européennes, M. Babis, 64 ans, fait également l'objet d'une enquête de l'UE sur un possible conflit d'intérêt entre ses activités politiques et ses affaires. Toutefois, ANO remporterait les élections européennes avec plus de 25% des voix devant le parti de droite ODS et le Parti pirate (14% chacun), selon un sondage de l'institut Median auprès plus de 2.100 personnes.