L'ancien espion juif américain Jonathan Pollard a critiqué mardi le gouvernement israélien, lui reprochant de ne pas l'aider à immigrer en Israël, dans un rare entretien à une chaîne de télévision israélienne.


"C'est une question de priorités. Il semble qu'il y a toujours eu quelque chose d'autre (de plus important que moi)", a-t-il déclaré en anglais à Hadashot, une chaîne de télévision israélienne.
L'entretien se déroulait dans un café à New York, où il vit en résidence surveillée.
Agé de 64 ans, l'ancien espion a été libéré en novembre 2015 après 30 années d'emprisonnement aux Etats-Unis.
L'ex-analyste de l'US Navy, natif du Texas, avait été reconnu coupable en 1987 d'avoir fourni à Israël, de juin 1984 à son arrestation en novembre 1985, des milliers de documents secrets sur les activités d'espionnage des Etats-Unis, principalement dans les pays arabes.
Au terme de sa liberté conditionnelle, il doit rester cinq ans sur le sol américain, ce qui l'empêche de s'installer en Israël comme il en avait exprimé le souhait.
"Me définir comme une priorité impliquerait que le gouvernement se préoccupe vraiment de moi et dise +c'est ce que nous voulons, nous voulons qu'il revienne à la maison+. Cela n'a pas été fait", a accusé Jonathan Pollard.
Il a vertement critiqué le gouvernement israélien, lui reprochant d'avoir "manqué plusieurs occasions" de lui permettre d'immigrer en Israël avec les administrations de Barack Obama et Donald Trump.
Il a ajouté n'être en contact avec aucun responsable israélien.
"Israël reste déterminée à assurer le retour de Jonathan Pollard en Israël", ont déclaré mardi soir les services du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un communiqué.
"Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a évoqué le sujet à plusieurs reprises avec le président américain et va continuer à le faire jusqu'à ce qu'il revienne", ajoute le texte.
Le sort de Jonathan Pollard a donné lieu à un bras de fer entre Israël, où il est perçu par une bonne partie de la population comme un héros national ayant sacrifié sa liberté, et les Etats-Unis, dont les présidents successifs ont toujours refusé sa libération anticipée.
De hauts responsables du Pentagone ou de la CIA n'ont jamais pardonné à l'espion la masse d'informations classées secret-défense livrées contre de l'argent et en pleine guerre froide à l'allié stratégique israélien des Etats-Unis.
Il aurait aidé Israël à bombarder en 1985 le QG de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), alors exilée en Tunisie, et à assassiner le numéro deux de l'OLP, Abou Jihad, à Tunis en 1988.