Le Premier ministre tchétchène Mouslim Khoutchiïev, soupçonné d'être impliqué dans des violations des droits humains dans son pays, n'est plus autorisé à entrer sur le territoire américain, ont annoncé jeudi les Etats-Unis.


Washington dispose d'"informations crédibles selon lesquelles Mouslim Khoutchiïev a été impliqué dans des actes de torture", a indiqué dans un communiqué le département d'Etat, qui refusera d'éventuelles demandes de visa de sa part ou de sa famille proche.
La diplomatie américaine se base sur une loi sanctionnant les responsables étrangers soupçonnés de violer les droits humains.
M. Khoutchiïev, ancien maire de la capitale Grozny, a été nommé Premier ministre l'année dernière par Ramzan Kadirov, qui tient d'une main de fer depuis plus de dix ans la république russe du Caucase, musulmane et conservatrice, ravagée par deux conflits séparatistes à la fin des années 1990.
Les autorités tchétchènes sont accusées de multiples violations des droits humains. En décembre, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) avait accusé la Russie de "tolérer" un régime "d'impunité" en Tchétchénie, où des actes de torture, des disparitions forcées, des exécutions extrajudiciaires et d'autres violations "très graves" des droits de l'homme sont commises, notamment contre les homosexuels.
Le responsable en Tchétchénie de l'ONG russe de défense des droits de l'Homme Memorial, Oïoub Titiev, a également été condamné en mars à quatre années de camp au terme d'un procès dénoncé par ses partisans comme monté de toutes pièces.
Cette décision américaine intervient dans un contexte de tensions entre la Russie et les Etats-Unis, Moscou étant montré du doigt pour son annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014 et son ingérence dans l'élection présidentielle américaine de 2016.