La présidente estonienne rencontre Poutine, rare visite d'un dirigeant balte en Russie © BELGA

La présidente estonienne Kersti Kaljulaid a rencontré Vladimir Poutine jeudi à Moscou à l'occasion d'une rare visite d'un dirigeant balte en Russie, qui entretient avec l'Estonie, comme avec ses voisins estonien et letton, des relations difficiles.


"Nous sommes content de vous voir", a déclaré le président russe au début de la rencontre, ajoutant que "l'absence de contacts entre des responsables, des organismes officiels de pays voisins est une situation anormale".

"Nous avons objectivement des intérêts communs liés à la mer Baltique, il y a là des questions écologiques, de sécurité ou de transport", a-t-il poursuivi.

Kersti Kaljulaid a de son côté déclaré "qu'il faut se parler entre voisins, même quand nous avons des désaccords".

"Il est temps de renouveler le programme de coopération entre l'Union européenne et la Russie", a-t-elle ajouté, estimant que "c'est le moment approprié pour se rencontrer".

Kersti Kaljulaid était initialement à Moscou pour l'inauguration de l'ambassade estonienne en Russie, qui a rouvert après des travaux.

Il s'agit de la première visite à Moscou d'un dirigeant balte depuis l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie en 2014, dénoncée avec force par les trois pays baltes qui disent craindre que la Russie ne leur réserve un jour le même sort.

La dernière visite en Russie d'un dirigeant estonien remonte à 2011, quand Toomas Hendrick Ilves avait rencontré à Saint-Pétersbourg Dmitri Medvedev. Vladimir Poutine n'avait lui pas rencontré de chef d'Etat balte depuis 2010. Il était alors Premier ministre.

Les relations entre Moscou et les trois pays baltes où vivent, notamment en Lettonie et en Estonie, une forte minorité russe, sont délicates depuis leur retour à l'indépendance après plus de quarante ans d'occupation soviétique, et leur adhésion à l'Union européenne et à l'Otan en 2004.

La Russie a ces dernières années multiplié les exercices militaires près de sa frontière avec les pays baltes. Ceux-ci, en réponse, appellent à un renforcement de l'OTAN, qui dispose déjà de bataillons en Lettonie et Estonie.