Les djihadistes nigérians de Boko Haram ont attaqué un village situé près de la ville de Chibok, dans le nord-est du Nigeria, le jour des célébrations du cinquième anniversaire de l'enlèvement de plus de 200 lycéennes par le groupe, a-t-on appris lundi de sources locales et sécuritaires.


Les combattants ont envahi dimanche soir le village de Kwarangulum, à 16 kilomètres de la ville de Chibok, pillant de la nourriture et mettant le feu aux maisons.
Arrivés à bord de quatre camions, les islamistes armés "tiraient au hasard", a déclaré David Bitrus, membre des milices civiles qui luttent contre Boko Haram aux côtés de l'armée.
Les insurgés, qui semblent appartenir à la faction de Boko Haram dirigée par le chef historique Abubakar Shekau, "ont brûlé tout le village après avoir emporté ce que les camions pouvaient transporter", a-t-il ajouté.
Ayuba Alamson, un chef traditionnel dans le district de Chibok, a déclaré que les habitants du village avaient été prévenus de leur arrivée imminente et s'étaient enfuis avant l'attaque.
Quelques heures auparavant, une centaine d'habitants de Chibok s'étaient rassemblés dans l'école pour filles pour commémorer le cinquième anniversaire de l'enlèvement de 276 écolières, de 12 à 17 ans, le 14 avril 2014, et dont 112 sont toujours manquantes.
Le président Muhammadu Buhari, récemment réélu pour un second mandat, a promis dimanche de secourir les jeunes filles restantes.
"Nous ne nous reposerons pas jusqu'à ce que toutes les filles restantes soient de retour et réunies avec leurs familles", a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur son compte Twitter.
Il a également promis de secourir Leah Sharibu, la dernière captive parmi les écolières kidnappées par Boko Haram à Dapchi, dans l'État de Yobe, en février 2018.
Après presque dix années de conflit, l'insurrection de Boko Haram a fait 27.000 morts au Nigeria, où près de 2 millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer. Elle a aussi débordé dans les pays voisins: Niger, Tchad, Cameroun.