La justice sud-coréenne a ordonné la saisie d'actifs du géant japonais Mitsubishi dans le dossier du travail forcé de Sud-Coréens pendant la Seconde guerre mondiale, a-t-on appris lundi auprès d'une association de défense des plaignantes.


Alliés des Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon sont tous les deux confrontés à la menace nord-coréenne et à une Chine qui affirme de plus en plus son influence régionale.
Mais les deux voisins entretiennent aussi depuis des décennies de lourds contentieux historiques et territoriaux hérités de la période (1910-1945) où la péninsule a vécu sous le joug colonial japonais.
D'après les données sud-coréennes, environ 780.000 Coréens ont été victimes de travail forcé durant l'occupation japonaise, des chiffres qui ne comprennent pas les femmes enrôlées de force dans les bordels de l'armée.
A l'issue d'une longue bataille judiciaire, Mitsubishi Heavy Industries a été condamné en novembre par la Cour suprême à verser à cinq victimes sud-coréennes jusqu'à 150 millions de wons (117.000 euros) chacune de salaires impayés et de dédommagements.
Quatre plaignantes ont demandé la saisie des actifs du groupe en janvier en arguant que le groupe n'avait pas versé les sommes en question. La cinquième victime est décédée récemment.
Le tribunal du district de Daejon, au sud de Séoul, a ordonné la saisie de six brevets détenus par Mitsubishi en Corée du Sud ainsi que deux marques déposées, a annoncé l'association des soutiens aux femmes victimes de travail forcé durant la guerre.
"Le processus d'exécution obligatoire (d'une décision de justice) contre des entreprises coupables de crimes de guerre a commencé officiellement", a déclaré l'association dans un communiqué. Si Mitsubishi ne fait pas preuve de "sincérité", les actifs seront vendus, ajoute-t-elle.
Tokyo conteste la légalité de ces poursuites, estimant que ces contentieux ont été réglés par le traité de 1965 qui avait permis la reprise des relations diplomatiques bilatérales et qui incluait des réparations.