Les députés français ont donné jeudi un nouveau feu vert à la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP), voulue par le gouvernement mais vivement contestée par les oppositions.


Les députés ont adopté par 42 voix contre 17 en nouvelle lecture l'article 49 du projet de loi prévoyant de supprimer l'obligation pour l'État de détenir la majorité du capital d'ADP (actuellement 50,63%, pour un montant évalué à 9,5 milliards d'euros).
L'opposition de droite comme de gauche est montée depuis plusieurs semaines au créneau contre ce projet de vente d'un groupe qui a rapporté à l'Etat 173 millions d'euros de dividendes en 2017, et a dénoncé la vente des "bijoux de famille" ou encore "un énorme gâchis".
Mercredi, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait assuré que l'Etat apporterait des garanties. "Toutes les décisions stratégiques resteront strictement, rigoureusement dans les mains de l'Etat", a-t-il déclaré, précisant qu'il s'agissait d'une concession pour une durée de 70 ans.
"Nous privatisons les activités commerciales, les parkings, les hôtels, les boutiques de luxe. Ces activités commerciales représentent 74% du résultat d'Aéroports de Paris", a rappelé le ministre.
Le projet intervient peu après que le rapporteur public de la cour administrative d'appel de Paris a recommandé l'annulation de la privatisation de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, par laquelle l'Etat avait cédé en 2015 49,99% à un groupe chinois.