Crise au Venezuela: le chef de l'ONU appelle au "dialogue" pour éviter un "désastre" © BELGA

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé jeudi au "dialogue" au Venezuela pour empêcher une "escalade" qui mènerait au "désastre", en marge du Forum économique mondial de Davos. "Nous espérons que le dialogue soit possible pour éviter une escalade menant à un conflit qui serait un désastre pour la population du pays et pour la région", a dit M. Guterres lors d'une interview diffusée via Facebook, au lendemain de l'autoproclamation en tant que "président par intérim" du président du parlement vénézuélien.


"Des gouvernements souverains ont la possibilité de décider ce qu'ils veulent" quand il s'agit de reconnaître lequel des deux est le président légitime, a dit le chef de l'ONU.

Les Etats-Unis, le Canada et nombre de pays d'Amérique Latine, le Brésil en tête, ont reconnu Juan Guaido comme président, tandis que l'Union européenne appelle à des élections et à écouter la "voix" du peuple au Venezuela.

Le président Nicolas Maduro compte quant à lui sur l'appui de l'armée pour contrecarrer ce soutien international à Juan Guaido. Le gouvernement a annoncé que le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, et les commandants militaires régionaux vont apporter leur "appui au président constitutionnel" et à "la sauvegarde de la souveraineté" du pays. Le gouvernement compte également sur la Cour suprême qui devrait se réunir jeudi, composée de fidèles au régime.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des foyers de protestation ont persisté dans des quartiers populaires de la capitale comme celui de Petare. Les manifestations d'opposants et de partisans de Maduro ont fait, rien que dans la journée de mercredi, 16 morts, selon un décompte de la Commission interaméricaine des droits de l'homme. L'Observatoire vénézuélien des conflits sociaux (OVCS) a quant à lui dénombré 13 morts en deux jours depuis mardi.