Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé son homologue vénézuélien Nicolas Maduro pour lui apporter son soutien, peu après que le président du Parlement Juan Guaido s'est autoproclamé président par intérim du pays mercredi, selon la présidence turque.


"Frère Maduro, garde la tête haute, la Turquie se tient à vos côtés", a dit le chef d'Etat turc à M. Maduro lors de cet entretien téléphonique, selon le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin. M. Kalin a aussi partagé sur Twitter le hashtag #NoussommesMADURO en signe de soutien au président vénézuélien. L'autorité turque s'oppose ainsi notamment à Washington, qui a rapidement reconnu mercredi la légitimité de l'opposant autoproclamé président par intérim. Erdogan garde ainsi la même ligne de conduite, après avoir lors d'une visite officielle à Caracas en décembre déjà publiquement exprimé son soutien à M. Maduro face aux sanctions américaines imposées à son pays.

"Aujourd'hui, je reconnais officiellement le président de l'Assemblée nationale vénézuélienne, Juan Guaido, comme président par intérim du Venezuela", avait écrit le président américain Donald Trump dans un communiqué dès mercredi. Washington entretient des relations très tendues avec Caracas depuis l'arrivée au pouvoir en 1999 de Hugo Chavez, qui se sont encore dégradées récemment. D'autres pays ont suivi cette ligne, dont le Brésil, dont le nouveau président Jair Bolsonaro affiche constamment son hostilité à M. Maduro, et l'Argentine, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Panama, le Paraguay et le Pérou. Sans aller jusqu'à déclarer reconnaitre officiellement l'autoproclamé président par intérim, l'UE a également apporté son soutien à Guaido en appelant à assurer sa liberté et sa sécurité et à "l'ouverture immédiate d'un processus politique débouchant sur des élections libres et crédibles".

La Russie a critiqué jeudi la réaction des pays occidentaux. "Les évènements qui se déroulent actuellement au Venezuela montrent clairement l'attitude de la communauté internationale progressiste envers le droit international, la souveraineté et la non-ingérence dans les affaires intérieures d'un pays où elle chercher à changer le pouvoir", a déclaré Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe, sur sa page Facebook.