L'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée et dirigée par l'homme fort de l'est libyen, Khalifa Haftar, a annoncé avoir lancé mercredi une opération militaire visant selon elle à "purger le sud des groupes terroristes et "criminels".


Le porte-parole de l'ANL, Ahmad al-Mesmari, a indiqué que leurs forces avaient avancé "dans plusieurs régions dans le sud, avec comme point de départ la base aérienne militaire de Tamenhant".
Cette base est située à une trentaine de kilomètre au nord de Sebha, la plus grande ville du sud libyen.
Le but de l'opération, selon M. Mesmari, est "d'assurer la sécurité des habitants du sud-ouest face aux terroristes, que ce soit de Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique) ou Al-Qaïda, ainsi que les bandes criminelles".
D'autres sources militaires ont précisé que plusieurs unités de l'ANL avaient pris position dans le sud ces derniers jours, en particulier autour de la ville de Sebha, à 650 km au sud de Tripoli.
Selon l'ANL, l'opération militaire vise aussi à sécuriser les sites pétroliers ainsi que les routes reliant le sud au Nord et à lutter contre l'immigration clandestine.
Elle a appelé mercredi les forces en présence dans le sud, essentiellement à composante tribales qui occupaient des sites militaires à les évacuer.
De son côté, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, du gouvernement parallèle installé dans l'est du pays, Tarak al-Kharraz, a précisé qu'une force d'une centaine de véhicules de son ministère participait à l'opération aux côtés de l'ANL.
Le gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli n'a pas réagi dans l'immédiat à l'opération militaire de son rival.
Plongée dans le chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est dirigée par deux entités rivales: d'un côté le GNA --qui contrôle l'ouest du pays--, et de l'autre un cabinet parallèle basé dans l'Est, soutenu par le maréchal Haftar --à la tête d'une puissante force armée-- et un Parlement élu.
Laissé pour compte par les autorités rivales, le sud libyen est devenu ces dernières années un repaire pour les djihadistes et trafiquants de tout genre, ainsi qu'une plate-forme et un point de transit pour des milliers de migrants venus d'Afrique subsaharienne pour tenter la traversée de la Méditerranée.
Des groupes rebelles tchadiens et soudanais ont profité de ces divisions pour établir leurs bases arrières dans le sud libyen, voisin de leurs pays, et s'y adonner à divers trafics.