"Pour que l'Europe protège, nous devons aussi la protéger!" © BELGA

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a tenu mercredi devant le Parlement européen un long et vibrant plaidoyer pour une Europe plus sociale, principale réponse à ses yeux à la montée des divisions et des populismes.


"La crise économique et la mondialisation ont associé l'idée de l'Europe à celle d'austérité. Le désenchantement social alimente les rhétoriques radicales, nées de l'augmentation des inégalités", constate le dirigeant socialiste, quinzième chef de gouvernement européen à venir débattre de l'avenir de l'UE devant l'assemblée.

"Mais pour que l'Europe protège, nous devons aussi la protéger ! Construire une Europe de droits qui protègent les plus vulnérables, les jeunes, les chômeurs de longue durée, une Europe sociale qui renforce le tissu industriel, garantit la sécurité et la défense des citoyens, tout en respectant ses engagements contre le changement climatique et l'achèvement de l'union économique et monétaire", a-t-il plaidé.

Pedro Sanchez, arrivé au pouvoir il y a six mois après la chute du gouvernement Rajoy, a réclamé la création d'une garantie européenne "chômage" liée à la citoyenneté européenne, mais aussi une garantie européenne "enfance" pour lutter dès le premier âge contre les ravages de la pauvreté. Il a été particulièrement applaudi sur ce dernier point.

Quant à la question migratoire, il ne l'a abordée qu'en fin d'intervention, notamment pour souligner les implications positives de la migration régulière pour palier le manque de main d'œuvre et le vieillissement de la population européenne.

Il a insisté sur la nécessaire coopération avec l'Afrique - en particulier le Maroc en ce qui concerne l'Espagne - et défendu le Pacte de l'Onu signé à Marrakech. Sans oublier l'indispensable protection des frontières extérieures et la réforme du régime européen d'asile.

Pedro Sanchez a mis en garde les dirigeants européens contre les divisions qui menacent la paix et la démocratie. "J'en ai vu les effets de mes propres yeux à la fin des années '90 en Bosnie, quand je travaillais pour les Nations unies dans la ville dévastée de Sarajevo."