La Russie prête à travailler pour "sauver" le traité nucléaire INF © BELGA

La Russie est prête à travailler "pour sauver" le traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF), dont Washington a menacé de se retirer, a déclaré mercredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.


"Nous sommes comme toujours prêts à travailler pour sauver le traité", a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse annuelle, appelant les pays européens à soutenir Moscou dans ces négociations. "J'espère que les pays européens, qui ont peut-être plus d'intérêts la-dedans que n'importe qui d'autres, vont aussi mettre leurs forces pour ne pas coller à la position américaine (...) et vont essayer de pousser Washington à avoir une position plus responsable", a déclaré le chef de la diplomatie russe.

Des diplomates russes et américains ont mené mardi à Genève des discussions sur le traité INF, sans parvenir à un terrain d'entente. Washington accuse Moscou de violer ce traité datant de la Guerre froide et a adressé le 4 décembre un ultimatum de 60 jours à la Russie pour se conformer à ces obligations.

A l'issue de la réunion de Genève, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a accusé les Etats-Unis d'être "complètement" responsables d'une éventuelle rupture du traité, ajoutant que la Russie a fait des propositions pour sortir de l'impasse.

"Nous avons profité des consultations pour proposer à la partie américaine une série de mesures concrètes sur les fusées 9M729 qui, selon nous, permettraient d'écarter tout suspicion sur la non-conformité à ce traité", a déclaré M. Riabkov, cité dans la presse russe.

Selon l'Otan et les Etats-Unis, c'est ce nouveau système de missile qui viole le traité INF et est responsable de la menace de Washington de s'en retirer.

Le traité INF de 1987, en abolissant l'usage de toute une série de missiles d'une portée variant de 500 à 5.500 km, avait mis un terme à la crise des euromissiles déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.