Les partis politiques d'opposition britanniques n'ont pas réussi à s'accorder mardi sur le dépôt immédiat d'une motion de censure contre le gouvernement de Theresa May, donnant un peu de répit à la Première ministre en grande difficulté sur son accord de Brexit.


Le Parti travailliste, principale formation d'opposition britannique, a menacé à plusieurs reprises de vouloir faire tomber le gouvernement. Mais il a finalement dit mardi vouloir attendre d'être assuré d'une victoire avant de déposer une motion de censure.
"Nous avons besoin de faire ce qu'il faut et au moment opportun pour déposer une motion de censure afin de se débarrasser de ce gouvernement", a déclaré le chef du Labour, Jeremy Corbyn, lors d'un débat d'urgence à la chambre des Communes sur la décision du gouvernement de reporter un vote sur l'accord de divorce, assuré d'être retoqué.
L'approbation par une majorité des députés d'une motion de censure pourrait mener à des élections générales anticipées qui pourraient être remportées par le Labour, dans l'opposition depuis 2010.
Mais la position des travaillistes n'a pas eu l'heur de plaire au Parti national écossais (SNP), deuxième formation d'opposition, qui veut agir sans attendre.
"Pour l'amour de Dieu, si ce n'est pas le moment maintenant, quand est-ce que ce sera le bon moment? ", s'est exclamée la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, mardi sur la BBC.
Le Parti libéral-démocrate, les Verts et le parti nationaliste gallois Plaid Cymru se sont joints à l'appel du SNP.
Le leader du groupe SNP au Parlement de Westminster, Ian Blackford, a prévenu que son parti pourrait déclencher lui-même une vote de confiance si Jeremy Corbyn continuait à botter en touche.
"On ne peut plus attendre. Si Jeremy ne peut pas prendre cette responsabilité, alors je crains que nous devions le faire", a-t-il mis en garde lors d'une conférence de presse.
Pour qu'une motion de censure aboutisse, le SNP et le Labour devront aussi convaincre des députés du Parti conservateur de Theresa May. Cette dernière continue aussi de bénéficier du soutien de son allié nord-irlandais, le petit parti unioniste DUP, dont les voix des dix députés sont indispensables à sa majorité parlementaire.
Par ailleurs, une motion de censure qui serait déposée par le SNP ne serait pas assurée d'atteindre le stade d'un vote à la chambre des Communes. Selon les conventions régissant le fonctionnement du Parlement - le Royaume-Uni n'a pas de Constitution -, une motion de défiance déposée par le principal parti de l'opposition (le Labour) aurait davantage de chance d'être sélectionnée.