La scène est rare et le geste hautement symbolique: des belligérants yéménites ont échangé une poignée de main devant des journalistes lundi en marge de consultations de paix en Suède.


Tout sourire, Salim al-Moughaless, un négociateur de la rébellion houthie, et Ahmed Ghaleb, un délégué gouvernemental, ont accepté de se serrer la main à la demande de journalistes yéménites, devant un photographe qui a immortalisé l'instant.
Selon des témoins de l'échange, les deux hommes ont accepté de bonne grâce.
Une source onusienne a indiqué à l'AFP que le médiateur britannique Martin Griffiths, à l'initiative de ces discussions, avait vu la photo, rapidement diffusée sur les réseaux sociaux.
Pour la première fois depuis 2016, le gouvernement soutenu par l'Arabie saoudite et les rebelles appuyés par l'Iran reprennent langue, sous la pression de la communauté internationale qui s'alarme de l'urgence humanitaire.
Selon l'ONU, la crise est la pire au monde et menace directement de famine jusqu'à 20 millions de Yéménites. Toutes les précédentes tentatives de dialogue ont échoué.
Les belligérants sont réunis dans un complexe hôtelier à Rimbo, à une soixantaine de kilomètres au nord de Stockholm.
A la manoeuvre, les responsables onusiens souhaitent faire de la villégiature champêtre une possibilité pour "construire une confiance" réciproque en vue d'ouvrir un processus de paix.
Un long chemin pavé d'embûches selon les observateurs avertis de l'histoire complexe du Yémen et de la guerre qui ravage depuis 2014 le pays le plus pauvre de la péninsule arabique et qui a fait environ 10.000 morts.