Le Chili a annoncé dimanche son absence de la conférence internationale prévue lundi et mardi à Marrakech (Maroc) sur le Pacte mondial sur les Migrations piloté par l'ONU, qu'il compare à une "camisole de force".


Le Chili est à ce stade le neuvième pays à se retirer du processus après avoir approuvé le texte le 13 juillet dernier à New York, tandis que sept ont souhaité plus de consultations internes.
Le document "est passé d'un pacte qui visait un dialogue international nécessaire à un pacte qui reflète certains standards internationaux qui ne sont pas applicables dans le cadre de la politique migratoire chilienne", a expliqué le sous-secrétaire à l'Intérieur, Rodrigo Ubilla, dans la presse nationale.
C'est pourquoi le gouvernement du conservateur Sebastian Pinera "a décidé de ne pas participer à la réunion de lundi et mardi à Marrakech afin de signifier clairement (...) les différences objectives avec ce pacte", a-t-il ajouté.
Certaines ambiguïtés présentes dans le texte représentent "une sorte de camisole de force par rapport à ce que chaque pays pourra ensuite faire de manière souveraine", dénonce Santiago.
Depuis son arrivée au pouvoir en mars, M. Pinera a mis en oeuvre une série de mesures afin de "mettre de l'ordre" face à l'arrivée de migrants.
Ces dernières années, quelque 155.000 Haïtiens et 200.000 Vénézuéliens sont entrés au Chili.
Plus de cent pays se retrouvent lundi et mardi à Marrakech pour approuver formellement ce Pacte mondial sur les Migrations.
Sans vote ni signature, la conférence intergouvernementale devait être une simple étape formelle du processus lancé il y a 18 mois pour renforcer la coopération internationale en vue d'une "migration sûre, régulière et ordonnée". Le document déchaîne les passions depuis son adoption en juillet dernier à New York.
Washington s'était déjà retiré fin 2017 des travaux sur ce document, affirmant qu'il comprenait des dispositions contraires à la politique d'immigration de Donald Trump.