Sommet du Golfe en Arabie saoudite sur fond de crises multiples © BELGA

Les six pétromonarchies arabes du Golfe tiennent dimanche leur sommet annuel à Ryad dans un contexte de crises multiples: dispute persistante avec le Qatar, guerre au Yémen et affaire Khashoggi, journaliste tué au consulat saoudien d'Istanbul.


Bien qu'invité officiellement à cette rencontre du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, n'a pas confirmé sa participation. Son petit mais richissime pays reste ostracisé par ses puissants voisins que sont l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis qui l'accusent de soutenir des groupes islamistes radicaux et de leur préférer l'Iran.
Bahreïn, autre membre du CCG, s'est associé à l'embargo contre le Qatar, avec l'Egypte. En juin 2017, les quatre pays ont rompu tout lien avec Doha -qui ne cesse de rejeter les accusations- et ne semblent pas prêts à desserrer l'étau autour de l'émirat gazier.
Outre les liens diplomatiques, ils ont mis fin à toute relation économique et commerciale avec le Qatar qui a pour sa part décidé de quitter en janvier l'Opep, dominée par l'Arabie saoudite.
Le CCG comprend également le Koweït et Oman qui sont restés à l'écart de la dispute avec le Qatar. Ce groupement régional, né en 1981 sur un réflexe d'autodéfense face à l'Iran a perdu, au fil des ans, de sa pertinence.
Son secrétaire général, Abdellatif al-Zayani, a indiqué que le 39e sommet du CCG allait "passer en revue les liens avec l'Iran" après la réimposition de sanctions américaines.
Mais la ligne de fracture est claire au sein du CCG entre les tenants d'une ligne dure à l'égard de Téhéran représentée par Ryad, Abou Dhabi et Manama, et les adeptes de liens normaux avec l'Iran, comme Mascate et Koweït, sans compter Doha qui souhaite aller plus loin dans les relations avec Téhéran.
Le sommet du CCG se tient alors que les belligérants yéménites sont réunis en Suède sous les auspices des Nations unies, pour trouver une sortie de la guerre qui ravage depuis 2015 le Yémen.
L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sont concernés en premier lieu par ce conflit, étant les piliers de la coalition militaire contre les rebelles Houthis, alliés à l'Iran. Le Qatar est entré à reculons dans cette coalition, avant de s'en retirer.
L'Arabie saoudite reste également sous pression, empêtrée dans l'affaire de l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, tué dans le consulat de son pays en octobre à Istanbul.