Les conservateurs allemands tournent la page de l'ère Merkel © BELGA

Le parti conservateur allemand tourne la page vendredi de 18 ans de règne à sa tête d'Angela Merkel en élisant un nouveau président, une césure dans l'histoire politique récente du pays.


"Nous sentons tous qu'il s'agit d'un congrès bien particulier", a déclaré la chancelière, politiquement affaiblie depuis des mois, à l'ouverture du congrès de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) dont les 1.001 délégués doivent voter dans l'après-midi.

"Je souhaite que nous sortions de ce congrès bien armés, motivés et unis", a-t-elle lancé, alors que la campagne des dernières semaines a avivé les tensions au sein du mouvement.

Tous les délégués se sont levés à son arrivée, et l'ont applaudi plusieurs minutes. Certains tenaient des pancartes oranges sur lesquelles on pouvait lire "Merci cheffe" pour ces 18 années, dans une halle de la foire de Hambourg pleine à craquer.

Trois prétendants briguent le poste, qui est aussi à terme un strapontin pour la chancellerie allemande. Le ministre de la Santé Jens Spahn étant jugé hors course, le vote devrait se résumer à un duel entre une proche de la chancelière, Annegret Kramp-Karrenbauer ("AKK", 56 ans) qui endosse la ligne centriste de sa mentor, et un rival, Friedrich Merz, 63 ans, partisan d'un net virage à droite après les années de centrisme d'Angela Merkel. Ce conservateur de la vieille école veut ainsi récupérer les déçus partis voter pour l'extrême droite, en particulier après l'ouverture des portes de l'Allemagne à plus d'un million de réfugiés syriens ou irakiens en 2015 et 2016.

Les sondages prédisent un vote très serré, tant les délégués semblent divisés sur la voie à choisir après Merkel. Quel que soit l'heureux élu, aucun changement radical de la politique allemande n'est à attendre dans l'immédiat, a assuré Armin Laschet, un poids lourds du parti, la priorité étant de soutenir le gouvernement, dont les premiers mois ont été marqués par des crises à répétition.