Renoncer à la hausse des taxes carburant en France si on ne trouve pas de "bonnes solutions" © BELGA

Le gouvernement français renoncera définitivement à la hausse des taxes sur les carburants s'il ne trouve pas les "bonnes solutions" sur le pouvoir d'achat lors de la concertation locale décidée pour répondre à la crise des "gilets jaunes", a confirmé mercredi Edouard Philippe.


"Si nous ne trouvons pas les bonnes solutions, nous n'appliquerons pas" cette augmentation de la taxe carbone, suspendue mardi pour six mois, a déclaré le Premier ministre dans son discours ouvrant un débat convoqué à l'Assemblée nationale face au mouvement de protestation.

Le SMIC augmentera d'1,8% "dès le mois de janvier 2019", a encore annoncé le Premier ministre, évaluant le total de la hausse à 3% en ajoutant à l'indexation la baisse des cotisations sociales et la prime d'activité. "Sur un an, grâce à l'action conjuguée de l'indexation, de la baisse des cotisations sociales et de la prime d'activité, la hausse sera de l'ordre de 3% par rapport à janvier 2018. La hausse de la prime d'activité que nous avons décidée pour avril 2019 amplifiera encore cet effet", a-t-il affirmé.

Le gouvernement ne craint par ailleurs pas le débat "nécessaire" sur l'efficacité de la réforme de l'impôt sur la fortune (ISF) menée par l'exécutif en 2017, a affirmé mercredi Edouard Philippe, confirmant un "bilan" d'experts devant se tenir en 2019. "Comme le Parlement l'a souhaité, un comité composé d'experts et de personnalités qualifiés, dont des parlementaires, effectuera le bilan de cette réforme. Nous ne craignons pas ce débat. Il est nécessaire. Il aura lieu", a assuré le Premier ministre.

Edouard Philippe a encore appelé "tous les acteurs du débat public" à la "responsabilité", alors que les "gilets jaunes" pourraient à nouveau manifester samedi. "Tous les acteurs du débat public, responsables politiques, responsables syndicaux, éditorialistes, citoyens, seront comptables de leurs déclarations dans les jours qui viennent. Oui, je lance ici un appel à la responsabilité", a affirmé M. Philippe.