Les Pays-Bas rapatrient du Pakistan des diplomates menacés © BELGA

Les Pays-Bas ont annoncé lundi avoir rapatrié plusieurs membres de leur ambassade au Pakistan en raison de menaces persistantes émanant d'islamistes rendus furieux par des tweets anti-islam du député néerlandais d'extrême droite Geert Wilders.


L'ambassade des Pays-Bas à Islamabad demeure ouverte et continue à délivrer des visas, mais "plusieurs personnes" sont retournés aux Pays-Bas, a annoncé le ministre des Affaires étrangères Stef Blok.
"Malheureusement, des citoyens néerlandais sont menacés", a souligné le ministre sur la chaîne publique NPO Radio 1. La situation est "suffisamment sérieuse" pour justifier ce rapatriement a ajouté M. Blok, précisant qu'il en avait discuté avec son homologue pakistanais Shah Mehmood Qureshi.
M. Blok n'a pas précisé le nombre de membres du personnel de l'ambassade rapatriés.
Le 6 novembre, les autorités néerlandaises avaient indiqué que l'ambassadrice des Pays-Bas au Pakistan faisait face à des "menaces", en raison apparemment de la vague d'indignation provoquée par les tweets de Geert Wilders, jugés "blasphématoires" par les islamistes.
"Nous sommes en effet confrontés à des menaces à l'encontre de l'ambassadrice", Ardi Stoios-Braken, avait déclaré à l'AFP une porte-parole du ministère néerlandais des Affaires étrangères.
Fin août, M. Wilders avait annulé un concours de caricatures du prophète Mahomet prévu aux Pays-Bas face à des protestations vigoureuses de groupes islamistes au Pakistan. Le député a depuis publié plusieurs dessins de ce genre sur Twitter suscitant l'ire des islamistes pakistanais.
Des médias néerlandais et pakistanais ont fait état d'un document secret qu'ils affirment avoir été émis par le ministère pakistanais de l'Intérieur et dans lequel celui-ci évoque des menaces à l'encontre de l'ambassadrice provenant du parti radical Tehreek-e-Labaik (TLP).
Interrogé par l'AFP, le porte-parole du TLP a toutefois nié toute menace à l'encontre de l'ambassadrice néerlandaise.
La semaine dernière, l'avocat qui a défendu Asia Bibi, la chrétienne pakistanaise condamnée à mort pour blasphème, a fui aux Pays-Bas après que son acquittement prononcé par la Cour suprême du Pakistan, eut suscité de violentes manifestations.
Le TLP, mouvement religieux radical qui s'est construit autour de la question du blasphème, était à l'origine de ces manifestations qui ont paralysé le Pakistan pendant trois jours. Ses dirigeants ont appelé à tuer les juges ayant prononcé l'acquittement d'Asia Bibi et demandé à l'armée de se mutiner.