Khashoggi: Erdogan presse Ryad de révéler les images de surveillance du consulat © BELGA

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nouveau pressé Ryad de révéler des images de surveillance du consulat saoudien à Istanbul prouvant que le journaliste disparu Jamal Khashoggi en était bien sorti, avertissant que la Turquie ne "pouvait rester silencieuse", selon des propos publiés jeudi.

"Est-il possible qu'il n'y ait pas de système de caméras dans un consulat ? (...) Si un oiseau vole, si un moustique en sort, leurs systèmes de caméras vont l'intercepter", a déclaré M. Erdogan, parlant aux journalistes à bord de l'avion qui le ramenait d'une visite à Budapest. "Ils ont les systèmes les plus avancés".

"Cet incident s'est déroulé dans notre pays. Nous ne pouvons rester silencieux à propos d'un tel incident", a-t-il ajouté, selon des propos rapportés par le quotidien Hürriyet.

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, critique du pouvoir de Ryad, n'a plus donné signe de vie depuis son entrée le 2 octobre au consulat de son pays à Istanbul, où il s'était rendu pour des démarches administratives en vue de son prochain mariage avec une Turque. Les autorités turques affirment qu'il n'est jamais ressorti du bâtiment, mais Ryad assure le contraire.

Si côté turc des images de vidéosurveillance tournées à l'extérieur du consulat ont déjà été diffusées par les médias, montrant le journaliste y entrer puis un va-et-vient de véhicules, les Saoudiens ont affirmé que leurs caméras ne fonctionnaient pas ce jour-là.

La chaîne publique turque en langue anglaise TRT World a rapporté mardi que les autorités turques soupçonnaient un groupe de Saoudiens venus à Istanbul le jour de la disparition du journaliste d'être repartis avec les images de vidéosurveillance du consulat.

Des responsables turcs affirment que M. Khashoggi a été assassiné dans le consulat par des agents saoudiens. Ryad a immédiatement démenti. "Il n'est pas juste que je commente des suppositions, mais nous avons nos inquiétudes", a déclaré M. Erdogan, toujours selon Hürriyet.

Le journaliste saoudien s'était exilé en 2017 aux États-Unis, après être tombé en disgrâce à la cour du puissant Mohammed ben Salmane.