Plus de 60 bébés naissent chaque jour dans les camps pour réfugiés rohingyas au Bangladesh, rapporte jeudi l'Unicef, le Fonds des Nations unies pour l'enfance. Les conditions de vie y sont misérables.

"Environ 60 bébés prennent chaque jour leur premier souffle dans des conditions épouvantables, loin de leur maison, auprès de mères qui ont survécu au déplacement, à la violence, à des traumatismes et, parfois, au viol", a déclaré dans un communiqué le représentant d'Unicef au Bangladesh, Edouard Beigbeder.

Les Rohingyas, minorité musulmane qui vivait dans l'ouest de la Birmanie, pays à forte majorité bouddhiste, ont fui en masse sous la menace de l'armée birmane. Quelque 700.000 d'entre eux s'entassent dans des camps insalubres à Cox's Bazar, au sud-est du Bangladesh.

Depuis le pic de violence à leur encontre dans l'État birman de Rakhine il y a neuf mois, plus de 16.000 bébés rohingyas sont nés dans ces camps, d'après l'Unicef. A peine un sur cinq a vu le jour dans les établissements de santé qui y sont établis.

On ignore par ailleurs combien de ces bébés sont le fruit de viols, mais les femmes et les filles sont particulièrement vulnérables à la violence sexuelle et de nombreux cas d'agression ont été rapportés, a ajouté M. Beigbeder.

Début mai, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que la mousson et le manque de financements risquent de provoquer une crise sanitaire à Cox's Bazar.

En raison de l'opposition de la Chine, le Conseil de sécurité de l'Onu n'a jamais pu adopter de résolution, se bornant à réclamer à la Birmanie l'arrêt de ses opérations militaires, un accès humanitaire sans restriction et le retour des réfugiés rohingyas.