Parlement européen: Emmanuel Macron réclame des résultats tangibles avant les élections © BELGA

Le président français Emmanuel Macron a réclamé mardi, lors d'une intervention devant le Parlement européen sur l'avenir de l'Union, des résultats tangibles dans plusieurs domaines avant les élections européennes de 2019, notamment à travers la création d'un programme soutenant directement les collectivités locales qui accueillent et intègrent les réfugiés.

Le président français était attendu dans l'hémicycle strasbourgeois, lui dont les propositions lancées à la Sorbonne en septembre dernier pour relancer le projet européen rencontrent plus de réticences qu'il ne l'espérait.

A Strasbourg, M. Macron a tenu un nouveau et vibrant plaidoyer en faveur de la coopération européenne, dénonçant notamment les nationalismes et l'"illibéralisme".

Il a souligné le besoin de "souverainetés européennes" en matière de défense, de commerce, de climat et d'énergie, de santé et d'alimentation, de protection des données numériques ou de protection sociale (détachement de travailleurs).

L'immigration fait partie des "quatre fronts" sur lesquels M. Macron veut voir l'Union engranger des résultats avant le rendez-vous électoral du printemps 2019, avec notamment une révision du règlement de Dublin et la création d'un programme soutenant directement les collectivités locales qui accueillent et intègrent les réfugiés.

Un autre front porte sur la taxe des géants du numérique, qui doit viser selon le président français "les excès les plus choquants" et aider à soutenir les pistes de ressources propres pour le budget européen, autre thème cher au locataire de l'Elysée.

Les deux autres fronts sont la réforme de l'Union économique et monétaire (UEM), passant par la mise en place d'une capacité budgétaire facilitant la convergence dans la zone euro, ainsi que des instruments permettant de développer une "culture commune" (université européenne, déploiement d'Erasmus, mais aussi un dossier actuellement bloqué: les droits d'auteur, instrument protecteur du "génie créatif").

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a immédiatement salué, avec "émotion et amitié", le discours du président français. "La vraie France est de retour", a-t-il lancé.