L'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, a qualifié jeudi d'"inadmissibles" et de "criminels" des raids de la coalition dirigée par les Etats-Unis en Syrie qui ont fait plus de 100 morts dans la province de Deir Ezzor. Le ministre américain de la Défense avance pour sa part qu'il s'agissait d'autodéfense.

Le diplomate russe a indiqué avoir émis une protestation à ce sujet dans la matinée lors d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité consacrée à la situation humanitaire en Syrie. "C'était inadmissible quelles que soient les raisons avancées", a déclaré à des journalistes Vassily Nebenzia. Il a ajouté avoir dit aux Américains qu'ils étaient en Syrie illégalement. Ils n'y ont pas été invités", a-t-il ajouté.
"Ils affirment qu'ils y combattent le terrorisme international mais on voit bien que cela va au-delà", a aussi déclaré le diplomate russe. Les Etats-Unis ont affirmé que leurs raids mercredi venaient en riposte à une attaque contre le quartier-général d'une coalition arabo-kurde soutenue par Washington.
Les frappes des forces loyales au régime syrien qui avaient attaqué un QG de ses alliés arabo-kurdes étaient purement de l'autodéfense, a indiqué jeudi Jim Mattis, ministre américain de la Défense aux journalistes du Pentagone. "Nous ne sommes pas en train de nous engager dans la guerre civile syrienne".
Le commandement américain a aussitôt contacté son homologue russe sur place pour éviter toute escalade, et "les Russes nous ont dit qu'ils n'avaient personne là-bas", a poursuivi M. Mattis.
Moscou et Washington coordonnent régulièrement leurs opérations aériennes et même terrestres contre l'EI dans cette zone de combats qui se rétrécit au fil des victoires militaires contre les djihadistes.
Dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies et au président du Conseil de sécurité de l'ONU, la Syrie a souligné que "cette nouvelle agression constituait un crime de guerre et un crime contre l'humanité et confirmait la nature ignoble des intentions américaines à l'égard de la Syrie et de sa souveraineté".
Mise sur pieds en 2014 pour combattre le groupe djihadiste Etat islamique en Irak et en Syrie, la coalition dirigée par les Etats-Unis a bombardé à plusieurs reprises des troupes fidèles au régime syrien.