Elections législatives en Allemagne - Angela Merkel prête à des "compromis" pour arracher un accord de coalition © BELGA

Angela Merkel est prête à des "compromis douloureux" pour arracher un accord de coalition avec les sociaux-démocrates du SPD. La chancelière a fait cet aveu mardi à son arrivée à Berlin, au dernier jour de négociations censées sortir l'Allemagne de l'impasse politique.

"Des désaccords subsistent sur des thèmes essentiels et chacun d'entre nous va devoir accepter des compromis douloureux. J'y suis prête si nous pouvons garantir que les avantages au final seront supérieurs aux inconvénients", a-t-elle ajouté. Angela Merkel a encore souligné qu'il en allait de "l'intérêt supérieur du pays".

Après des semaines de valse-hésitation et de multiples reports ces derniers jours, les démocrates-chrétiens d'Angela Merkel (CDU/CSU) et le SPD doivent trancher en principe mardi: ils se sont fixés la fin de la journée comme période-butoir. Mais selon une proche de la chancelière, Julia Klöckner, les tractations pourraient durer jusque tard "dans la nuit" de mardi à mercredi. "Je pense que c'est aujourd'hui que va se décider" si les deux camps "peuvent s'entendre", a déclaré le président du SPD Martin Schulz.

Un accord a déjà été trouvé sur plusieurs dossiers, à commencer par l'Europe, où les deux camps sont prêts à soutenir, du moins sur le principe, les propositions de réforme du président français Emmanuel Macron. Martin Schulz a voulu y voir "la fin du diktat des économies" budgétaires en Europe. Mais d'autres sujets de politique intérieure continuent de poser problème: la santé et le marché du travail. Le SPD réclame une réduction des inégalités entre caisses publiques et privées d'assurance maladie et un moindre recours aux contrats à durée déterminée. Sur ces deux points, les conservateurs restent fermes.

Les deux camps ne sont pas non plus d'accord sur le niveau des dépenses militaires, au moment où l'Allemagne est, au sein de l'OTAN, sous pression des Etats-Unis pour délier les cordons de la bourse. L'Allemagne doit pouvoir montrer qu'elle est "digne de confiance sur le plan international", a argumenté mardi Angela Merkel.