Le président macédonien Gjorge Ivanov a opposé mercredi son véto à une loi accordant une place accrue à la langue albanaise, affirmant qu'elle mettait en danger "l'unité, la souveraineté et l'intégrité" de ce pays majoritairement slave.

Le président conservateur a également déclaré qu'une telle loi était contraire à la Constitution et qu'elle alourdirait le fonctionnement de l'administration.
"Pour ces raisons (...) j'ai décidé de ne pas promulguer cette loi", a-t-il ajouté.
La loi sera renvoyée au Parlement et si elle est à nouveau adoptée, le chef de l'Etat sera contraint de la promulguer.
Le gouvernement macédonien, une alliance entre sociaux-démocrates et formations politiques albanaises, a regretté la décision du président et assuré que la loi répondait aux exigences de la Constitution.
Le Parlement avait adopté le 11 janvier cette loi selon laquelle, les Albanais --, qui pèsent pour 20 à 25% des 2,1 millions d'habitants --, pourront demander à ce que soit utilisée leur langue dans leurs relations avec l'administration, santé, police, justice, etc. Au Parlement, elle pourra être utilisée par leurs élus.
Jusqu'à présent, l'albanais était officiellement reconnu par l'administration et les institutions publiques seulement dans les communes où les Albanais sont nombreux.
L'adoption de cette loi était l'une des demandes des partis albanais pour participer à la coalition avec les sociaux-démocrates du Premier ministre Zoran Zaev. La formation de cette coalition a entraîné au printemps une perte du pouvoir de la droite nationaliste, aux affaires depuis 2006.
En 2001, un conflit avait opposé pendant six mois des rebelles albanais de Macédoine aux forces de Skopje faisant 100 à 200 morts. Les accords d'Ohrid y avaient mis un terme et ont apporté aux Albanais davantage de droits, notamment l'utilisation de leur langue.