Les grands travaux inutiles

Une idée de virée grandiose: aller à la recherche de constructions totalement inutiles tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières. Nous allons vous présenter des ouvrages d’art et des bâtiments construits avec les meilleures intentions du monde, mais qui n’ont jamais été mis en service. Le Doeldok à Anvers, par exemple. Il fait 2,5 km de long, mais beaucoup de bateaux n’ont jamais pu y être amarrés. Les murs du quai étaient obliques et ont finalement dû être redressés. Ce qui a coûté bien plus cher que la réalisation de nouveaux docks! Le Deurganckdok est ainsi né.

Apocalyptique

La Crimée n’est pas le vestige d’une énorme catastrophe nucléaire, loin de là! En 1976, les communistes russes en avaient entamé la construction, mais avec la disparition de l’Union soviétique le gigantesque projet a été brutalement stoppé. Résultat: une sorte de Tchernobyl/Fukushima... sans les radiations.

Le paradis des graffeurs

Les graffeurs connaissent bien la station Sart Culpart à Charleroi. À l’origine, il était prévu que le réseau de métro carolo desserve la ville selon 8 embranchements, mais à peine deux sont aujourd’hui opérationnel. Le reste n’a jamais été construit, ou pire encore, s’il l’a été il est en totale décrépitude.

La nature a repris le dessus

Le pont To Nowhere en Nouvelle-Zélande n’a pas volé son nom.  Il enjambe la rivière Mangapurua, mais ne mène nulle part. Plus fort encore: pour l’atteindre, il faut traverser la rivière. Voilà toute l’utilité de ce pont... Il a été construit il y a 103 ans  et à peine avait-il été construit que les Néo-Zélandais ont décrété qu’il n’y avait rien d’intéressant dans la région. Entre-temps, la nature a repris ses droits, comme il se doit.

Une route qui ne mène nulle part

Retour en Belgique. C’est à Strépy-Bracquegnies que vous pouvez admirer cette prouesse d’ingénierie. Un pont fonctionnel, bon pour quatre voies. Malheureusement, la route n’a jamais été achevée. On ne saura sans doute jamais où devait mener cette construction.

Un monorail de trop

La France a déjà un TGV, un monorail en plus ou en moins n’a donc pas beaucoup d’importance. Entre Saran et Ruan, les promeneurs trébuchent parfois sur les vestiges d’une ligne de monorail longue de 18 kilomètres, une jolie piste d’essai pour les nouveaux monorails. Mais tout a été laissé en plan... pour construire une nouvelle ligne de chemin de fer juste à côté. Un beau gaspillage!

La fin du tunnel

Nous retournons à Bernistap pour y admirer l’une des plus vieilles constructions inutiles de notre pays. Aux alentours des années 1830, un tunnel de 1,13 kilomètre a été construit en vue de relier la Meuse à la Moselle afin de favoriser la navigation. Quand la Belgique a déclaré son indépendance, le tunnel est soudainement devenu inutile. À l’époque, seul 1,13 km sur les 2,5 km prévus avait été creusé. Aujourd’hui, le tunnel n’est toujours pas plus long.

Un hôtel vide

En Allemagne, ils en connaissent également un bout sur les travaux inutiles. La construction du centre de vacances KdF-Seebad Rügen, érigé sur l’île du même nom, a été entamée par les nazis en 1936, mais elle a été interrompue par la Seconde Guerre mondiale. Selon les plans originaux, l’hôtel balnéaire devait être assez grand pour accueillir 20.000 personnes. Actuellement, on ne croise pas âme qui vive dans ce misérable taudis.  

4 pour le prix de 8

Si vous profitez d’une agréable croisière sur la Lys, vous croiserez un pont très étrange dans les environs de Harelbeke. Les usagers de la route n’y empruntent que quatre voies, alors que huit sont prêtes à être utilisées. Apparemment, à l’époque, il n’y avait plus de budget à consacrer à la R8 suite à la construction de ce pont, raison pour laquelle il n’est pas souhaitable d’emprunter les quatre voies du milieu.

Une boîte vide

Des années durant, l’hôtel Ryugyong dans la capitale nord-coréenne de Pyongyang n’a été qu’une énorme boîte de béton vide. Le gouvernement nord-coréen a commencé la construction à la fin des années 1980, mais avec la chute de l’Union soviétique, les fonds pour achever les travaux entamés ont fait défaut. Seize années durant, les Nord-Coréens du cru ont regardé au travers des fenêtres sans vitre et reposé dans des chambres inachevées. Une entreprise égyptienne a repris l’ouvrage en 2008. Le bâtiment devrait être fin prêt en 2012. Mais on est en droit de se demander si l’hôtel sera un jour effectivement achevé et si cette annonce n’est pas un petit coup de propagande.