"Opération escargot" : un conducteur de train de la SNCB fait tout pour être licencié © BELGA

La SNCB doit se protéger contre d'éventuels départs prématurés de conducteurs de train, a précisé jeudi un porte-parole de l'entreprise pour justifier le préavis d'un an demandé aux conducteurs sur le départ. Mardi, l'un d'eux a, de manière intentionnelle, roulé au ralenti alors qu'il emmenait un convoi de voyageurs entre Mons et Liège, engendrant un retard de 37 minutes à l'arrivée.

L'homme a indiqué à plusieurs médias qu'il voulait être licencié le plus rapidement possible. Il a déjà signé dans le secteur privé, bien mieux rémunéré, selon lui. Mais son délai de préavis d'un an pose problème. Il espérait, en menant une opération escargot, être vite congédié. C'est en 2016 que l'entreprise présente la mesure faisant passer la durée de préavis d'un mois à un an pour un conducteur de train. La CSC Transcom a voté contre cette mesure. "Dans n'importe quelle société, ce n'est pas une solution de retenir le personnel contre son gré", explique Marianne Lerouge, responsable générale de la CSC Transcom. "De plus, la mesure est discriminatoire vis-à-vis des autres employés de la SNCB et de tous les employés en général car, depuis 2014, la durée maximale d'un préavis est de 13 semaines", a-t-elle ajouté. D'après elle, le passage d'un mois à un an a clairement été décidé en vue d'endiguer la fuite des conducteurs vers le secteur privé. L'an dernier, 80 conducteurs de la compagnie ont déposé leur démission pour un départ prévu en 2018. La SNCB qui emploie actuellement quelque 3.500 conducteurs envisage d'en engager 300 cette année après 400 l'an dernier. La SNCB et les syndicats doivent discuter prochainement de la valorisation du statut de conducteur de train. Le syndicat chrétien qui ne soutient pas l'opération escargot doit notamment finaliser un cahier revendicatif à présenter à la direction.