Vidéo truquée devenue virale: une célèbre élue américaine se fâche contre Facebook © BELGA

La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi s'est fâchée mercredi contre Facebook, qui n'a pas supprimé de sa plateforme une vidéo manipulée dans laquelle la célèbre élue démocrate américaine semble s'exprimer difficilement, comme si elle était ivre.


Cette vidéo, partagée des millions de fois sur les réseaux sociaux, a été ralentie à environ 75% de sa vitesse normale, ce qui donne à Mme Pelosi une élocution pâteuse alors qu'elle s'exprime en conférence de presse.
"Facebook sait qu'elle est fausse (...) Ils mentent au public", a lancé l'élue lors d'une interview à une radio américaine, selon la transcription écrite de ses propos transmise à l'AFP par son entourage.
L'élue a même établi un parallèle avec la manipulation politique via le réseau social pendant l'élection présidentielle américaine remportée en 2016 par Donald Trump.
"Je pense que Facebook, en ne retirant pas quelque chose qu'il savent faux, vient de montrer qu'ils étaient, en toute connaissance de cause, des facilitateurs de l'ingérence russe dans les élections", a-t-elle dit, ajoutant sur une note plus légère: "Je ne bois même pas d'alcool".
Sur la page Facebook du groupe conservateur Politics WatchDog, une version de la vidéo en question était visible mercredi soir, mais accompagnée d'articles "connexes" de vérification venant de médias reconnus indiquant que la vidéo avait été manipulée.
En cas de contenu douteux mais non contraire aux règles de Facebook, ce dernier place à côté ce genres d'articles censés éclairer l'utilisateur. Le réseau social peut supprimer des contenus violents par exemple, mais refuse de se faire l'arbitre de la vérité.
La plateforme de vidéo YouTube (Google) a en revanche affirmé à l'AFP avoir retiré la vidéo, car elle enfreint ses règles.
La vidéo ralentie de Nancy Pelosi, souvent considérée comme la bête noire des républicains, avait été notamment partagée sur Twitter par l'avocat du président, Rudy Giuliani, qui a ensuite supprimé son tweet.
Elle a été publiée au moment où une guerre ouverte oppose la responsable démocrate à Donald Trump, qui l'a qualifiée de "Nancy la folle" et l'accuse d'avoir "perdu la tête".