Le patron de Facebook Mark Zuckerberg a rejeté jeudi toute idée de démantèlement du groupe car cela "ne règlerait pas les problèmes" liés aux contenus ou à la vie privée, contre lesquels il dit lutter ardemment, chiffres à l'appui: plus de 2 milliards de faux comptes supprimés en trois mois.


"Nous existons dans un environnement très concurrentiel et très dynamique où de (nouveaux) services apparaissent constamment", a dit M. Zuckerberg, rejetant une nouvelle fois toute accusation de monopole.
Oter les "contenus nocifs", "empêcher les ingérences dans les élections, nous assurer que nous avons les bons outils de confidentialité", entre autres, sont "selon moi, les sujets de société les plus importants à l'heure actuelle" et "je ne pense vraiment pas que (...) démanteler l'entreprise va les régler", a dit le jeune chef d'entreprise, lors d'une conférence téléphonique consacrée aux derniers chiffres trimestriels de lutte contre les faux comptes et contenus problématiques.
De plus, a-t-il insisté en soulignant l'importance du budget alloué au contrôle des contenus, "nous pouvons faire des choses que les autres (entreprises) ne peuvent juste pas faire". Sous-entendu: démanteler Facebook l'empêcherait précisément de lutter efficacement contre ces problèmes.
La numéro deux du groupe Sheryl Sandberg avait aussi dit mi-mai qu'affaiblir Facebook pourrait, qui plus est, favoriser les groupes chinois.
Un de co-fondateurs de Facebook, Chris Hugues, ou encore Elizabeth Warren, une des candidates démocrates à la présidentielle de 2020, ont récemment appelé au démantèlement du groupe et d'autres colosses technologiques qu'ils jugent trop puissants voire monopolistiques.
Mark Zuckerberg a aussi redit jeudi être favorable "à une régulation d'internet": "je ne pense pas que les entreprises seules doivent prendre toutes les décisions sur ce qu'on peut voir ou non sur internet."
A cet égard, Facebook a indiqué jeudi qu'il faisait face à une nette augmentation des tentatives de créations automatiques de comptes à des fins malveillantes et qu'environ 5% des comptes actifs actuellement étaient "faux", passés entre les mailles du filet.
Le groupe a dit avoir désactivé immédiatement, c'est-à-dire avant même qu'ils ne deviennent actifs, 1,2 milliard de comptes au dernier trimestre 2018 et 2,2 milliards sur les trois premiers mois de 2019, "une hausse due aux attaques automatisées d'acteurs malveillant (cherchant à) créer de larges volumes de comptes en même temps".
Selon Facebook, ces comptes-là sont faciles à repérer par ses systèmes automatisés et il parvient à presque tous les supprimer avant qu'ils ne créent de "tort". Il peut s'agir de comptes destinés à envoyer des spams par exemple.
Toutefois, le réseau social estime que 5% des comptes actuellement comptabilisés comme actifs sur la plateforme sont "faux" --c'est-à-dire par exemple qu'ils ne représentent pas une vraie personne ou organisation-- sur un total de quelque 2,4 milliards d'usagers mensuels actifs.