L'IA belge nécessite un pacte pour l'éducation et un milliard d'euros © BELGA

Les pouvoirs publics et le monde de l'entreprise ont présenté lundi à Bruxelles un plan "IA" destiné à mieux préparer la Belgique à l'intelligence artificielle. Il passera par un "nouveau pacte pour l'éducation" et un investissement d'au moins un milliard d'euros d'ici 2030.


"Nous n'avons actuellement ni la masse critique ni les outils nécessaires pour soutenir la transition" vers l'intelligence artificielle, constatent les experts réunis dans "AI4Belgium Coalition". Ce hub a été placé sous l'égide de la fédération des entreprises technologiques Agoria. Il associe l'administration fédérale et les trois hubs régionaux (The Beacon pour la Flandre, Digityser pour Bruxelles et le Réseau IA pour la Wallonie), dans le cadre d'un projet des ministres Alexander De Croo et Philippe De Backer (agenda numérique).

"Nos écoles ne préparent pas les prochaines générations pour le XXIe siècle. C'est la raison pour laquelle nous proposons un nouveau pacte pour l'éducation, un programme universel de développement des compétences pour les adultes et davantage de compétences numériques - et humaines - pour nos jeunes", selon les experts. On retrouve parmi eux des personnalités comme Marc Raisière, CEO de Belfius, Hans D'Hondt, président du SPF Finances, ou Pieter De Leenheer, CEO de Collibra, première start-up belge des nouvelles technologies à avoir levé 100 millions de dollars.

Une enquête d'Ipsos et du SPF Economie montre que trois Belges sur quatre sont favorables aux nouvelles technologies, mais que la majorité de la population en sait peu à ce sujet et craint parfois des conséquences négatives sur la protection de la vie privée, le travail et l'égalité. La confiance étant une pierre angulaire du développement de l'IA, les experts réclament un cadre juridique solide et actualisé, des principes éthiques et une plus grande transparence, notamment pour le partage des données.

Ils proposent aussi de démystifier l'IA auprès des entreprises - les PME en particulier - via des programmes de formation, des événements d'envergure, des projets sociaux, etc. "Nous proposons de faire de la Belgique le laboratoire d'IA de l'Europe, par le biais de 'sandboxes' (logiciels-tests) et de soutenir la croissance des sociétés par le biais d'un fonds d'investissement".

En facilitant la collaboration entre les parties prenantes et en mettant l'accent sur la santé et les sciences de la vie, les experts de la coalition IA4Belgium poussent aussi à l'audace: "cela nécessitera un investissement d'au moins un milliard d'euros d'ici 2030", disent-ils. Un institut de recherche multidisciplinaire devrait aussi être créé. Agoria estime que la numérisation et l'IA pourront créer 860.000 emplois d'ici 2030.