Guinée équatoriale: Facebook et des sites critiques du pouvoir à nouveau accessibles © BELGA

Le réseau social Facebook et plusieurs sites internet de Guinée équatoriale, critiques à l'égard du régime du président Teodoro Obiang Nguema, étaient de nouveau accessibles directement après plus d'un an de blocage, a constaté mercredi un journaliste de l'AFP.


Seul le site de Citoyens pour l'innovation (CI), principal parti d'opposition équato-guinéen, restait inaccessible sans utilisation d'un système de réseau privé virtuel (VPN) qui permet de contourner les blocages.

Facebook et plusieurs sites d'opposants avaient été bloqués à la veille des élections législatives, sénatoriales et municipales du 12 novembre 2017. WhatsApp et un autre réseau social de messagerie, bloqués à la même période, avaient été de nouveau rendus accessibles sans VPN en mars.

Les blocages sélectifs des sites internet et réseaux sociaux sont réguliers en Guinée équatoriale, où il sont intervenus pour la première fois en mai 2013, à la suite de l'annonce d'une marche d'étudiants avant des élections législatives. Les autorités avaient alors affirmé qu'un "virus" était à leur origine.

Les sites du gouvernement et du parti présidentiel, le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE), qui contrôle les deux chaînes de télévision et les deux radios du pays, étaient pourtant, eux, restés accessibles.

Le nombre de personnes ayant accès à internet est de 23,8% en Guinée équatoriale, pays de 1,2 million d'habitants, selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Les réseaux sociaux Facebook et WhatsApp ont connu un succès croissant dans ce pays dirigé d'une main de fer par le président Obiang Nguema depuis 1979 où les médias indépendants n'existent pas. Ils sont devenus un moyen pour les Équato-Guinéens de contourner la censure et de s'exprimer librement.

Début février, l'Union européenne s'était inquiétée de la "forte détérioration de la situation des droits de l'Homme" dans ce petit pays producteur de pétrole d'Afrique centrale.