Les syndicats dénoncent à Gand les mauvaises conditions de travail des équipages marins © BELGA

Eau potable de piètre qualité, salaires payés en retard ou seulement en partie... Les syndicats se sont mobilisés lundi dans le port de Gand pour dénoncer les mauvaises conditions de travail des membres d'équipage des navires internationaux. L'action était initiée par la Fédération internationale des ouvriers du transport, dont font partie l'ACV Transcom (pendant flamand de la CSC Transcom) et la FGTB-UBT.


Les inspecteurs de l'ITF ont tenté d'embarquer dans le navire Pegasus de la société Blumenthal. Cette compagnie maritime allemande est accusée par l'organisation syndicale de dumping social et de mauvaises conditions de vie à bord. "Nous avons tenté de monter à bord afin de contrôler les conditions de travail et de vie", a expliqué l'inspecteur de l'ITF Christian Roos. "Mais le commandant de bord ne l'a pas autorisé." Selon l'organisation, c'est la preuve que la compagnie, qui compte quelque 50 navires employant chaque fois une vingtaine de personnes, cache des abus. D'autres compagnies similaires sont également dans le viseur du syndicat international.

L'ITF estime qu'environ 1,3 million de marins dans le monde travaillent dans le cadre du système non réglementé FOC. Une grande partie est victime d'intimidations ou est sanctionnée par des rationnements. L'équipage ne peut choisir de s'affilier à un syndicat et est prié de signer des "happy letters", dans lesquelles il indique ne pas être intéressé par les avances des syndicats. Une brochure de l'ITF mentionne encore des bas salaires, de l'eau non potable, des machines à laver défectueuses, des télévisions obsolètes et le manque d'espaces de détente à bord des navires. L'organisation internationale demande à Blumenthal et aux autres compagnies opérant sous le système FOC de souscrire aux conventions collectives approuvées par l'ITF.