La fédération du secteur financier Febelfin veut voir les Belges oublier le cash pour leurs achats le samedi 11 mai prochain. Le paiement en espèces est pourtant encore très populaire en Belgique, près de 2/3 des paiements s'effectuent de la sorte, mais pas toujours par choix, selon la Fédération. Pour changer les pratiques, elle lance ce mardi sa campagne "Le paiement digital, quoi de plus normal?".


En 2016, 63% des paiements étaient encore effectués en espèces dans le pays. Une étude iVox réalisée cette année auprès d'un échantillon de 1.000 Belges constate cependant que 89% des répondants préfèreraient payer par voie digitale.
Les raisons de cet écart s'expliquent, selon Febelfin sur base de l'enquête, par plusieurs aspects. Près d'un Belge sur cinq continue à payer en cash tout simplement par habitude, mais plus de la moitié disent faire face à une impossibilité récurrente de payer par carte ou avec un smartphone.
Les chiffres de la Banque centrale européenne (de 2016) confirment d'ailleurs que la Belgique est à la traîne en termes d'offres de moyens de paiements numériques. Elle comptait à l'époque seulement 16.000 terminaux de paiement par million d'habitants, quand la France et les Pays-Bas en proposaient respectivement 24 et 29.000.
Mais la réticence des commerçants (et des professions libérales) n'est pas la seule pointée: plus de la moitié des Belges considèrent notamment le paiement sans contact comme peu sûr. Les chiffres sont à peine plus encourageants pour le paiement par mobile.
"Il reste encore beaucoup de travail à faire pour modifier la perception et le comportement des consommateurs belges", reconnait Karel van Eetvelt, CEO de Febelfin. "Nous constatons un réel manque d'information sur le sujet et c'est précisément ce que nous voulons changer." Raison principale de l'instauration du premier Digital Payment Day, le 11 mai. D'ici là, la Fédération va s'atteler à convaincre le plus de commerçants possible d'installer un dispositif de paiement digital. Un site web à l'attention tant des consommateurs que des commerçants est également lancé. Il décrit les différents modes de paiement numériques, notamment leurs coûts pour les premiers.