Rapport annuel de la BNB - Deux régents n'ont pas signé le rapport annuel de la Banque nationale © BELGA

Deux régents de la Banque nationale de Belgique (BNB) n'ont pas signé cette année le rapport annuel de l'institution. Il s'agit du représentant de la CSC et de la FGTB, a appris l'agence Belga. Le rapport annuel de la BNB sort cette année au surlendemain d'une grève nationale et alors que patrons et syndicats peinent à s'entendre sur un accord interprofessionnel 2019-2020.


Le rapport annuel de la BNB est publié au nom du Conseil de régence, organe où sont notamment représentés les syndicats et le patronat. Cette année, deux régents n'ont pu souscrire au rapport dans son intégralité.
Le gouverneur de la BNB, Pierre Wunsch, n'a pas voulu s'épancher outre mesure sur cette question constatant que l'an dernier, un régent n'avait pas souhaité signer le rapport annuel, alors qu'ils avaient été deux à s'abstenir l'année précédente. "Il y a sans doute des thèmes sensibles. Je pense que le rapport est relativement équilibré au sujet des salaires", a-t-il souligné.
Les deux régents qui n'ont pu souscrire cette année à l'entièreté du rapport sont Marc Leemans, le président de la CSC, et Robert Vertenueil, le président de la FGTB. "Nous avons estimé que malgré les nombreuses remarques formulées par le banc syndical, ce rapport est extrêmement partial et n'en tient pas compte. Il s'agit davantage d'une ode à la politique du gouvernement que d'un rapport circonstancié", explique-t-on au sein du syndicat socialiste. "Il y a également un élément inacceptable dans la volonté assez flagrante de régionaliser une partie de la concertation sociale".
Interrogé sur une éventuelle modification de la loi de 1996 sur la compétitivité, qui selon les syndicats est devenue un véritable "carcan" empêchant toute négociation sur les salaires, Pierre Wunsch a estimé lors de la présentation du rapport qu'"il ne faut pas la modifier de manière fondamentale" car ses objectifs sont bons. Mais le gouverneur n'exclut pas l'idée d'introduire "plus de flexibilité". "On devra permettre une certaine différenciation si les tensions subsistent sur le marché du travail." Cette différenciation concernerait certains secteurs et certaines sous-régions du pays mais l'idée n'est aucunement d'aller vers une régionalisation de la politique salariale, a-t-il assuré.