Feu vert pour aider davantage les travailleurs victimes de restructurations © BELGA

Le Parlement européen a approuvé mercredi l'extension du fonds d'intervention d'urgence de l'Union européenne qui soutient les travailleurs licenciés lors de grandes restructurations d'entreprises.


Le rapport de l'eurodéputée Marie Arena (PS, S&D) confirme une proposition de la commissaire à l'Emploi Marianne Thyssen sur le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM), tout en la modifiant sur plusieurs points.

Le FEM, bien connu en Belgique pour avoir soutenu les travailleurs licenciés de Carsid, Arcelor, Ford Genk ou plus récemment Caterpillar, a déjà mobilisé depuis sa création en 2007 quelque 631 millions d'euros dans 160 dossiers de restructuration impliquant 150.000 licenciements.

Mais son champ d'application est trop restreint pour que ses moyens budgétés puissent être utilisés. Il devait donc être réformé pour la prochaine programmation 2021-2027.

Le rapport adopté préconise d'élargir l'accès au fonds aux victimes de restructurations touchant 200 travailleurs (au lieu de 500 actuellement), qui pourront dans certains cas être issus de plusieurs entreprises sous-traitantes dans différents secteurs.

Les conséquences négatives de la mondialisation et de la crise financières ne seront plus les seuls motifs d'accès au fonds. La Commission avait déjà élargi le champ à la robotisation et la numérisation, les élus y ont ajouté la transition vers une économie utilisant les ressources de façon rationnelle, ainsi que les répercussions du Brexit post-2021.

Pour mieux coller aux réalités, le rapport rebaptise le FEM en Fonds pour la transition (FET). Ce dernier sera doté d'un budget de 225 millions d'euros par an à partir de 2021, soit une hausse de 30%, comme la proposition Thyssen le préconisait. La part de cofinancement par l'Etat membre touché sera en outre moindre qu'avant, l'UE en prenant une part plus grande à sa charge.

Mme Arena a en revanche échoué de justesse à convaincre ses collègues d'inclure un dispositif tel que celui du plan "Catch" qui, après le choc Caterpillar, a réuni universités, entreprises et acteurs locaux pour remobiliser les forces d'un territoire.

Le texte devra encore être négocié avec les Etats membres s'ils acceptent de délivrer un mandat pour ce faire, sans quoi ce débat sera mené avec celui du prochain cadre financier pluriannuel de l'UE (2021-2027).