Guerre commerciale USA-Chine - La dirigeante de Huawei prête à être libérée sous stricte surveillance © BELGA

La directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, arrêtée au Canada à la demande des Etats-Unis, est prête à se soumettre à de strictes mesures de surveillance si sa demande de remise en liberté est acceptée par un tribunal de Vancouver, a affirmé lundi l'un de ses avocats alors que Pékin multipliait les pressions sur Ottawa et Washington.


Meng Wanzhou, détenue depuis le 1er décembre et dont la justice américaine demande l'extradition pour une fraude présumée, avait déjà plaidé sa cause lors d'une première audience devant la cour suprême de Vancouver vendredi dernier. L'audience a repris lundi à 10h00 locales (19h00 en Belgique).
L'un de ses avocats, David Martin, a expliqué que si Mme Meng était libérée, elle assumerait l'ensemble des coûts liés à sa surveillance 24h/24, qui serait confiée à deux sociétés privées de services de sécurité, dont l'une dirigée par d'anciens policiers et militaires canadiens.
Elle résiderait dans l'une des deux propriétés cossues de Vancouver qu'elle possède avec son mari, accepterait de remettre ses passeports, de porter un bracelet électronique et de verser une importante caution.
Dans une déclaration sous serment transmise au tribunal, la dirigeante, âgée de 46 ans, explique aussi qu'elle souffre de problèmes de santé, notamment d'hypertension. Elle indique par ailleurs qu'elle a survécu à un cancer de la thyroïde en 2011 et qu'elle a du mal à avaler des aliments solides.
Elle est traitée dans un hôpital canadien et estime qu'un maintien en détention, pendant la longue procédure d'extradition, mettrait sa santé en danger.
La femme d'affaires dément les accusations portées contre elle par les Etats-Unis, où elle est accusée de "complot d'escroquerie au détriment de plusieurs institutions financières".
Elle leur aurait caché les liens entre Huawei et l'une de ses filiales, qui cherchait à vendre des équipements à l'Iran malgré les sanctions américaines. Ces chefs d'accusation sont passibles de 30 ans de prison chacun aux Etats-Unis.
L'arrestation de Mme Meng s'est produite le jour même où les deux pays annonçaient une trêve de 90 jours dans leur guerre commerciale, à l'issue d'une rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping en Argentine.