Aides à la promotion de l'emploi - "Je n'accepte pas qu'on me dise que je me lave les mains des travailleurs" © BELGA

"Je veux bien assumer beaucoup de choses mais je n'accepte pas qu'on me dise que je n'en ai rien à foutre du secteur non-marchand, que je me lave les mains du sort des travailleurs. J'en ai assez de ces mensonges", s'est emporté jeudi soir le ministre wallon de l'Economie, Pierre-Yves Jeholet, alors que s'éternisent, en commission, les discussions relatives à la réforme des aides à la promotion de l'emploi (APE).


Si le PS et Ecolo ont plaidé tout au long de la journée pour que le débat puisse se prolonger, afin notamment d'entendre des représentants des secteurs concernés, la majorité MR-cdH, elle, a clairement exposé sa volonté de discuter "au finish" ce mardi.
"En refusant les auditions que nous demandions, en voulant faire voter le texte ce mardi en commission même si une autre séance pouvait être organisée vendredi, vous voulez passer en force. Ne nous reprochez pas, alors, de lutter avec toutes les armes dont nous disposons en tant que parlementaires contre cette réforme immature dont vous ne nous avez pas livré toutes les pièces", a de son côté déploré Christie Morreale (PS).
"Qu'on arrête de nous dire qu'on a le temps. Il y a urgence", lui a rétorqué Pierre-Yves Jeholet, admettant toutefois que "c'était un choix du gouvernement de dire qu'on était capable de s'attaquer à cette réforme-là en 18 mois". "Nous aurons encore des débats dans les différentes compétences concernées par la réforme et il y aura concertation. Que voulez-vous de plus?", a-t-il ajouté avant qu'une suspension de séance soit demandée par le chef de groupe socialiste au parlement wallon, Pierre-Yves Dermagne.
A la reprise des discussions, les esprits s'étaient quelque peu calmés même si, sur le fond, les positions restaient inchangées, l'opposition répétant qu'elle ne signerait pas de chèque en blanc pour une réforme "problématique", marquée par une "réduction des budgets qui engendrera une suppression d'emplois dans les services à la collectivité".