L'industrie automobile britannique a prévenu mardi qu'un Brexit sans accord constituerait une "catastrophe" pour le secteur, à deux semaines d'un vote parlementaire crucial sur le protocole négocié entre Londres et Bruxelles.


"Partir sans accord constituerait une catastrophe - des usines fermeront et des emplois seront supprimés", a averti Mike Hawes, le directeur général du regroupement de constructeurs d'automobiles et de fournisseurs SMMT, lors d'un discours à son dîner annuel.
En pleine renaissance depuis le début du siècle, l'industrie automobile britannique qui emploie de façon directe ou indirecte quelque 850.000 personnes au Royaume-Uni vit mal la perspective du Brexit. Elle craint d'éventuelles barrières tarifaires ou réglementaires aux frontières du Royaume-Uni avec l'UE - un handicap pour un secteur qui fait souvent voyager les pièces détachées plusieurs fois au-delà les frontières pour les fabriquer puis les assembler dans les voitures.
"Nous n'étions pas favorables au Brexit, mais nous reconnaissons que l'accord de sortie a été durement négocié et, point majeur, qu'il fournit une période de transition qui va nous éviter de tomber d'une falaise", a ajouté M. Hawes.
Les milieux d'affaires britanniques utilisent souvent cette métaphore d'une chute d'un pic pour qualifier ce qu'il adviendrait en cas de Brexit sans accord et sans transition au soir du 29 mars prochain. Les entreprises devraient en effet s'adapter d'un coup au passage sous l'égide des règles de l'OMC pour le commerce de part et d'autre de la Manche.
D'après une enquête de la SMMT réalisée en novembre auprès de 182 de ses membres, les trois-quarts des entreprises d'automobiles du pays subiraient un impact négatif d'un Brexit sans accord.
L'accord conclu entre le gouvernement britannique de la conservatrice Theresa May et les dirigeants des 27 autres pays de l'UE prévoit une période de transition qui courrait au moins jusqu'à la fin 2020. Ce protocole de sortie doit toutefois être approuvé par la Chambre des communes britanniques lors d'un vote à haut risque le 11 décembre.
"Nous avons besoin d'un accord de sortie maintenant, puis d'un accord ambitieux sur l'avenir qui garantit un commerce sans friction (avec l'UE). Nous appelons toutes les parties à prendre conscience de l'enjeu", a averti M. Hawes. Une partie des députés conservateurs menace de voter contre cet accord de sortie, ce qui pourrait entraîner son refus par le Parlement et une crise politique.