Aléna: Justin Trudeau ne souhaite pas d'accord au rabais pour le Canada © BELGA

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a réaffirmé mercredi lors d'une visite aux Etats-Unis que son pays était prêt à se retirer de l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna), si les renégociations actuelles ne débouchaient pas sur un accord satisfaisant pour les Canadiens.

"Il vaudrait peut-être mieux pour le Canada qu'il n'y ait pas d'accord, plutôt qu'un mauvais accord", a-t-il déclaré à Chicago, première étape d'un voyage qui le conduira également à Los Angeles et San Francisco.
Ces propos arrivent après un nouveau round de négociations entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada à Montréal pour redéfinir cet accord commercial en vigueur depuis 1994 et notamment qualifié "de mauvaise blague" par Donald Trump.
Le président américain a déjà menacé de retirer les Etats-Unis de l'Aléna, mais les dernières discussions entre les trois pays se sont finies le 29 janvier sur une note optimiste, le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer soulignant que "quelques progrès ont été faits".
"Nous avons des inquiétudes légitimes sur le futur de l'Aléna, parce que le président (américain, ndlr) a déclaré que ce n'était pas une bonne chose", a détaillé Justin Trudeau à l'université de Chicago.
Le Premier ministre a cependant souligné les bienfaits de l'Accord de libre-échange nord-américain sur les économies américaines et canadiennes. "Nos économies ont prospéré lors des 25 dernières années", a-t-il asséné.
Les discussions entre les trois pays ont jusqu'ici bloqué entre autres sur une proposition américaine jugée "inacceptable" aussi bien par le Canada que par le Mexique, l'introduction d'une clause "crépusculaire" ("Sunset" en anglais) permettant d'abroger l'Aléna au bout de cinq ans.
"Nous avons des doutes profonds sur tout ce qui ajoute de l'incertitude, comme une clause +crépusculaire+ par exemple", a rappelé M. Trudeau. Le prochain round de négociations sur l'Aléna doit se tenir fin février au Mexique.