Rappel de l'ambassadeur, un proche d'el-Béchir qui triait les réfugiés avec la Belgique © BELGA

L'ambassadeur du Soudan en Belgique et auprès de l'Union européenne, Motrif Siddiq Ali, a été rappelé au pays en raison de sa proximité avec le président déchu Omar el-Béchir, rapportait jeudi De Standaard.


C'est lui qui, à l'automne 2017, a prêté main forte au secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Theo Francken (N-VA) pour mettre sur pied une mission belgo-soudanaise d'identification des migrants se trouvant au parc Maximilien, entre la Gare du Nord de Bruxelles et le siège de l'Office des Étrangers.

Cette mission a été particulièrement controversée parce qu'elle avait recours à des agents d'un régime dictatorial, dont le dirigeant était sous le coup de mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour "crimes de guerre" et "génocide" dans la région du Darfour (ouest).

Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 1989, a été évincé le 11 avril dernier après une contestation déclenchée le 19 décembre sur le prix du pain, et qui s'est rapidement transformée en contestation du système en place.

Ce mercredi, les militaires à la tête du pays depuis l'éviction d'el-Béchir ont annoncé "un accord avec la plupart des exigences" des leaders de la contestation, sans toutefois fournir de détails.

Ces événements ne poussent pas M. Francken à remettre en question la mission d'identification controversée. Interrogé, celui qui est redevenu député à la suite du départ de la N-VA du gouvernement Michel souligne que les lettres de créances de l'ambassadeur Siddiq Ali avaient été approuvées par les Affaires étrangères et par le Roi. "Le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration n'a donc rien à voir là-dedans", balaie-t-il.

Et Theo Francken de défendre la mission d'identification, sans laquelle dit-il personne n'aurait pu être renvoyé. "Que l'on doive pour ce faire collaborer avec des ambassades de dictatures, c'est pareil pour toute l'Europe", relativise-t-il. "Presque tous les pays européens rapatrient vers le Soudan et coopèrent donc avec l'ambassade concernée".

A ses yeux, les rumeurs selon lesquelles des Soudanais renvoyés au pays y avaient ensuite été torturés n'ont pas été étayées par des preuves concluantes.