Des représentants d'Amnesty International se sont rendus jeudi à l'ambassade du Nicaragua à Uccle, un an après le lancement du mouvement de révolte contre le pouvoir du président Daniel Ortega et la répression qui a suivi. L'ambassade, qui avait déjà refusé de recevoir les activistes, n'a pas ouvert la porte. L'ONG a néanmoins déposé une pétition signée par 27.000 personnes pour demander la libération de l'étudiante belgo-nicaraguayenne Amaya Coppens et des autres opposants politiques.


Le frère d'Amaya, Santiago, ainsi que sa cousine Justine ont participé à l'action. "Il y a peu d'espoir. Le gouvernement ne respecte pas les accords et promet toujours de libérer les prisonniers politiques", a déploré Justine Coppens. "Le soutien de l'étranger est très important pour les Nicaraguayens, parce que dans leur propre pays ils sont complètement opprimés", a-t-elle ajouté.

Pour Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d'Amnesty International, "il est plus que temps que les autorités nicaraguayennes nous entendent, et cessent de persécuter, enfermer et criminaliser celles et ceux dont le seul tort est de faire entendre une voix qui déplaît au gouvernement".

Amnesty International et d'autres ONG ont recensé des cas de graves violations des droits humains et des crimes de droit international, notamment des actes de torture et des exécutions extrajudiciaires qu'elles imputent aux groupes armés pro-gouvernementaux et aux membres de la police nationale du Nicaragua.

L'opposition de ce pays d'Amérique centrale réclame le départ de Daniel Ortega, ex-guérillero sandiniste de 73 ans, qu'elle accuse d'avoir instauré une dictature. D'après l'Onu, plus de 60.000 personnes ont fui le Nicaragua depuis le début de la crise politique il y a un an. Les violences politiques ont fait plus de 325 morts, en majorité dans les rangs contestataires, et plus de 600 opposants ont été jetés en prison.