La Coalition Climat presse le MR, le CD&V et l'Open Vld de changer d'avis à propos de la proposition de loi spéciale Climat ou "de démontrer qu'ils disposent de solutions à la hauteur de l'enjeu". "Il reste une semaine", a-t-elle averti.


Le monde politique se déchire autour de ce texte rédigé par des experts universitaires et traduit dans une proposition de loi co-signée par les écologistes, les socialistes, le cdH, DéFI et le MR. Le dispositif mis en place vise à coordonner la politique climatique belge, éclatée entre le fédéral et les Régions, et à assigner dans une loi certains objectifs ambitieux.

Le Conseil d'Etat a estimé que la proposition ne pouvait être votée telle quelle. Parmi les pistes de solution, il propose une révision de l'article 7bis de la Constitution mais également la conclusion d'un accord de coopération entre le fédéral et les entités fédérées.

Il est apparu mardi que le MR ne soutiendrait pas la révision de la Constitution car il redoute qu'elle ne mène à un marchandage institutionnel pour convaincre les partis flamands. Il préconise de modifier la loi de réformes institutionnelles pour y introduire l'obligation de respecter des objectifs climatiques "ambitieux" et de conclure un accord de coopération entre les Régions et le fédéral. Dans la justification de l'amendement, les objectifs climatiques sont précisés.

"Il est maintenant essentiel d'avancer et de le faire sur des bases qui ne puissent plus être remises en causes à l'avenir. A nos yeux, la Loi spéciale reste le meilleur véhicule pour y arriver. La balle est donc dans le camp des libéraux et du CD&V pour démontrer qu'ils sont capables de proposer autre chose que ce qui n'a jamais fonctionné jusqu'ici, à commencer par les accords de coopération", a déclaré le président de la Coalition Climat, Nicolas Van Nuffel.

En effet, il a fallu 10 ans pour conclure le dernier accord de coopération climat sur la répartition de l'effort climatique à l'horizon 2020, a-t-il fait remarquer.

Les jeunes de "Youth for climate" se sont joints à l'appel. "Les politiques nous demandent depuis des semaines de rendre notre protestation 'concrète'. Ils disent être demandeurs de choses concrètes qu'ils peuvent faire, en voilà une: signez le 7bis", ont-ils lancé.

La commission de révision de la Constitution se réunira mardi prochain pour se prononcer sur la révision de l'article 7bis. Si celle-ci recueille une majorité (ce qui est peu vraisemblable), la séance plénière se prononcerait à son tour jeudi, soit deux jours plus tard. La perspective de décrocher une majorité est encore plus illusoire puisqu'il faut recueillir deux tiers des voix.