Brexit: "Une prolongation après le 23 mai poserait de graves risques juridiques et politiques" © BELGA

Un report de la date du Brexit après le 23 mai - date de l'ouverture du scrutin européen - poserait de graves risques juridiques et politiques, observait mercredi une source européenne après la demande de la Première ministre britannique Theresa May d'un report jusqu'au 30 juin.


La première question que se poseront jeudi les chefs d'État et de gouvernement des 27, qui se réuniront sans le Royaume-Uni au cours du sommet de printemps des 28 à Bruxelles, sera de vérifier le risque systémique d'un blocage de l'UE.

Car si le Royaume-Uni n'a pas organisé d'élections européennes à partir du 23 mai, il se met en infraction par rapport au Traité sur l'Union, et une procédure d'infraction devra être ouverte pour protéger ce texte fondamental, explique un diplomate européen.

En outre, à partir du 2 juillet, date de la séance de rentrée du Parlement européen, si cette assemblée a été "mal élue", n'importe quel citoyen pourra saisir la Justice européenne pour faire valoir qu'il est mal représenté et faire annuler les actes posés.

Au risque juridique s'ajoute un risque politique: en période électorale, il est probable que chaque dirigeant d'État membre évaluera, en fonction de ses intérêts politiques quasi personnels, si une prolongation du Brexit lui serait favorable. Un accord des 27 sur une prolongation n'est donc pas acquis d'emblée.

En se penchant à partir de ce jeudi sur la demande de Mme May, les dirigeants des 27 vont donc avant chercher à se couvrir contre ces risques majeurs, analysait ce diplomate.

Il soulignait toutefois que les 27 restaient ouverts à une extension courte ou longue pour autant qu'un objectif clair et précis soit spécifié par le Royaume-Uni et que cette prolongation n'entame pas le fonctionnement de l'UE. La demande de Mme May serait tout de même une "bonne nouvelle", puisqu'elle signifierait que l'accord de retrait a encore des chances de passer.