Attentat au Musée juif: "Mme Sabrier tentait d'appuyer sur un bouton d'alarme au moment où elle a été tuée" © BELGA

L'une des victimes de l'attentat au Musée juif de Belgique tentait d'appuyer sur un bouton d'alarme au moment où elle a été tuée, a avancé mardi le ministère public devant la cour d'assises de Bruxelles. Ce dispositif était relié à une société de surveillance, selon le témoignage d'un responsable de la sécurité des lieux. Les commentaires qui ont suivi ont donné lieu à un virulent échange entre Me Courtoy, conseil de Mehdi Nemmouche, et l'avocat général Yves Moreau.


Le témoin, conseiller scientifique du Musée juif, était responsable de la sécurité en 2014. Il était notamment chargé d'aller voir les fichiers de caméras de surveillance en cas de demande de la police.

Le jour des faits, les enquêteurs l'ont fait venir sur place afin d'accéder aux données des cinq caméras, qui n'enregistrent que lorsqu'il y a du mouvement, selon les précisions du témoin.

Celui-ci a également précisé mardi, devant la cour, qu'il existait un système d'alarme au sein du musée. Un dispositif anti-intrusion, qui n'est activé que lorsque le musée est fermé, et deux boutons placés à proximité immédiate du bureau d'accueil.

L'un d'eux est mobile et se trouvait sans doute sur ce bureau le jour de la tuerie, selon le témoin. Pour le procureur, Dominique Sabrier, assassinée alors qu'elle se trouvait à l'accueil, tentait précisément d'activer ce bouton au moment où elle a été la cible de tirs.

Le conseil de l'accusé Mehdi Nemmouche, Me Courtoy, interpellé par la présidente sur les mots qu'il avait utilisés pour désigner les procureurs, a reconnu que le terme d'"accusateur public" était employé volontairement. "Je les vois bien avec une guillotine sous le bras", a-t-il ajouté.

L'avocat général Yves Moreau s'est insurgé de ce commentaire et a exigé des excuses. "Vous pouvez les attendre jusqu'à l'âge de la retraite", lui a rétorqué Me Courtoy.