Les geôliers des quatre journalistes français qui ont été otages de l'organisation terroriste Etat islamique pouvaient avoir des moments de détente avec eux et d'autres épisodes où ils se montraient très violents. C'est ce que deux d'entre eux ont expliqué jeudi devant la cour d'assises de Bruxelles au procès de l'attentat au Musée juif de Belgique. Parmi ces gardes, ces deux personnes ont formellement reconnu Mehdi Nemmouche, accusé de cette tuerie.


"C'était toujours un jeu du chat et de la souris avec les gardiens", a expliqué Didier François, d'Europe 1, enlevé le 6 juin 2013 près d'Alep. Les otages français cherchaient en effet à savoir quels étaient leurs différents gardiens et quelles étaient leurs fonctions.

"Si vous tapiez à la porte pour demander à aller à la toilette, vous risquiez de prendre des coups", raconte-t-il. "Si vous faisiez sur vous, vous pouviez aussi prendre des coups. Nous avons été privés de liberté sans aucune raison et sans savoir combien de temps. Nous étions vraiment soumis à l'arbitraire."

Le journaliste français se souvient de moments parfois irrationnels durant leur détention. "Le même geôlier qui vous donnait du thé pouvait vous donner une raclée le lendemain. Il y avait aussi parfois des moments de délire quand Mehdi Nemmouche faisait des blagues", se remémore-t-il, évoquant notamment une bataille de boule de neige.

"On pouvait avoir des moments de 'détente'. Mais on était de toutes façons privés de liberté, c'était leur mode de domination", a répété Didier François.

Les violences que les journalistes ont subies ne sont cependant "rien à côté de ce que les tortionnaires ont fait sur les détenus syriens, qui étaient torturés du soir au matin, et toutes les nuits", ont encore expliqué les témoins.